Lundi 13 Septembre 2010: into the wild New Brunswick (Saint Quentin > Salmon Beach)

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Aujourd’hui, je partais de Saint Quentin, Nouveau Brunswick. Réveil vers 6h30 (au fait, je vous ai pas dit, j’ai changé d’heure: les provinces maritimes ont une heure de moins que le Québec). Déjeuner avec R. et V., jasette. Discussion autour de mes deux choix possibles: retourner sur mes pas par la route 17, ou emprunter la 180 vers l’est, et rejoindre ainsi directement Bathurst sans repasser par Campbellton.

Problèmes de la route 17:
-j’y suis passé hier, refaire le trajet dans l’autre sens, c’est bof,
-ça me fait perdre un jour.
Problèmes de la route 180:
-une partie est en réfection, et comme c’est une route en « gypseal » (retranscription phonétique, R. ne m’a pas dit comment l’écrire), c’est à dire faite d’une couche de goudron sur laquelle sont déposés des gravillons, le tout étant ensuite tassé par le trafic, c’est bien la merde si la route est neuve,
-c’est une portion de plus de 100 km avec pas grand chose d’autre que du bois,
-sans accotement,
-et empruntée par pas mal de camions de déforestation.

R. dit que le tronçon en réfection est de quelques kilomètres, et à quelques kilomètres du village. Il me propose donc de m’avancer un peu pour me l’éviter, et raccourcir un peu la partie sauvage de mon étape.

Après une mission poste-internet-infotouriste, j’accepte bien volontiers sa proposition: l’idée de perdre un jour et revenir sur mes pas me fait bien moins tripper que de rouler sur une route avec un panneau « prochaine pompe à 138 km » à l’entrée!

Trekounet a donc gagné un tour en pickup. En effet, la réfection de la route est assez horrible: plein de graviers, goudron et poussières volent de partout, soulevés par le passage des plus ou moins gros véhicules.

R. me dépose donc aux environs du mont Carleton, point culminant des Maritimes, à une trentaine de kilomètres de Saint Quentin. À moi une centaine de kilomètres de « grandes étendues »!

Comme on m’avait prévenu, c’est côteux. Ça monte et descend sans cesse, la plupart du temps pas très raide (3-8%) mais souvent longtemps.

Les bois sont assez magnifiques et s’étendent à perte de vue…sauf dans certaines zones tristement déforestées. « Et l’gars d’la compagnie rit dans sa barbe, c’est qui le con qu’a dit que l’argent poussait pas dans les arbres?! » chantent les Cowboys Fringants: on est en plein dedans.

D’ailleurs, avant d’être producteur de sirop d’érable, R. était travailleur forestier. Dégouté de la surexploitation et du comportement des entreprises concernées, il préfère maintenant exploiter, gérer et préserver la forêt plutôt que la raser. Enfin c’est ce que j’ai compris. Bon esprit, ce R..

Je me fais d’ailleurs très souvent doubler par de gros camions, chargés de bois ou vides. Ils font en général un bon gros vrai écart, en mettant toutes les roues dans la voie de gauche. Par contre, à Bathurst, je me suis fait tasser dans le bas côté par un connard, qui pouvait faire un écart, mais l’a juste pas fait. D’ailleurs,  ça m’est arrivé 2 fois en moins de 10 km…une fois par le camion, et une autre par un abruti en pickup tuné à remorque. Vivement le peak oil.

Petit aparté: tout ça me fait dire que si jamais je meurs sur la route et que c’est pas ma faute, je compte sur vous pour que le chauffard passe sa vie en taule, et qu’une loi « respect des cyclistes » supplémentaire voie le jour. Bref. Aparté fini.

Après quelques kilomètres sur la 180, je me fais doubler par un pickup (décidément, jamais écrit aussi souvent ce mot de ma vie) qui tire une caravane. Quelques kilomètres plus loin, il est arrêté. Ses occupants, un couple fraîchement retraité, m’attendent! Jasette itinérairiale habituelle. Eux reviennent d’Ottawa et vont chez eux, près de Caraquet, à environ 200 km de là. Ils me demandent quand j’y serai…et m’offrent un endroit pour mettre ma tente, en échange d’une discussion sur leur projet cyclotouriste transcanadien. Cool! En repartant, M. me file une bière…trop cool!

En 5 minutes, j’ai gagné un pied-à-terre pour demain soir, et une bière. Que demande le peuple?!

Rouleroule. Parfois, de longs moments s’écoulent sans que je ne croise aucun véhicule, ni ne me fasse doubler. C’est trippant! Enfin, la route est longue et assez fatigante quand même. Les 30 derniers kilomètres sont reposants: descente tranquille du plateau vers la mer, le tout sur une asphalte quasi neuve.

Ça n’empêche pas mon genou gauche de faire de plus en plus parler de lui, au point de me faire pas mal souffrir. Petit passage chez Jean Coutu (pharmacie): je sors avec une boîte d’ibuprofène, un pot de beurre de peanut, et une can de beans au sirop d’érable. Miom.

Au fait, je vous ai pas dit, R. m’a fait cadeau d’une bouteille de sirop et d’un pot de beurre d’érable! Miommiom…MERCI R.!

Bon, il commence à être temps de se trouver un spot pour camper. Oh, tiens, là, une sorte de parc-réserve faunique, checkons donc. Oh, là, un château!! (En fait, c’est une sorte d’observatoire à animaux je crois, mais bon, pareil.)

C’est probablement pas permis de camper là, mais bon, je dérange rien ni personne, pis c’est pas marqué que c’est interdit. « Si c’est pas interdit, c’est que c’est permis! »

Aujourd’hui, 120 km à 19 km/h, soit 6h17 sur la selle.

Demain, petite étape jusque chez M.

Bonne nuit perchée!

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10 commentaires pour Lundi 13 Septembre 2010: into the wild New Brunswick (Saint Quentin > Salmon Beach)

  1. Cath dit :

    c’est trippant ce feuilleton !

  2. bouderlique dit :

    Faut espérer que ton probléme de genou va disparaitre!
    Bonne suite de périple!

  3. nico dit :

    wouhou, que d’aventures ! du jarret, Eddy, du jarret !

  4. anaîs dit :

    bon courage coupain!!! espère te voir la prochaine fois que tu reviens en france!!! sinon t’as qu’as faire un crochet par chantilly en vélo?? ;)

  5. V. et R. dit :

    Bonjour Rémi, nous nous sommes permis de demander ton adresse Internet à Christian afin de pouvoir suivre ton périple sur ton blog. Ça nous a fait plaisir de t’accueillir chez-nous. Si tu reviens au NB, avise-nous et de cette façon nous pourrons d’organiser une visite plus élaborée de St-Quentin (érablière, mont Carleton, etc.) ainsi qu’un souper plus sophistiqué! Bonne chance et si tu as besoin de quoi que ce soit, appelle-nous. V. et R., St-Quentin

  6. Guillaume dit :

    Tu parles dans ce mémo de déforestation…tu as p-être remarqué l’omniprésence de la compagnie Irving dans les Maritimes (la famille Irving en fait) , oui oui la pétrolière, ben c’est eux les coupables de cette foret si peut élégamment coupée.

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