Jeudi 14 Octobre 2010: Cabot Trail, partie 1 (a.k.a. la x-ième merveille du monde) (Margaree Forks > Cape North)

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Ohlala. Mes aïeux, quelle belle journée. Du beau soleil, de la grosse côte qui tache, des descentes de fous, probablement les plus beaux paysages du voyage. Désolé pour la Gaspésie et les autres. Allez, racontons.

Réveil un peu après 7h. Déjeûner sur la magnifique table de pique-nique jouxtant Hubba, puis remballage. Dur dur de retirer les sardines plantées entre les lattes de l’estrade couverte sur laquelle j’ai campé…mais heureusement il y a Victorinox!

Je reprends la route. Ça y est, je suis sur la Cabot Trail! Elle a quelques réputations, parmi lesquelles « meilleure route moto d’Amérique du Nord », d’après Harley-Davidson magasine. J’ai pas roulé partout en Amérique du Nord, mais après cette journée, je vais pas les contredire. On va y revenir!

Mon but de mi-journée est relativement modeste: une petite quarantaine de kilomètres jusque Chéticamp, haut lieu de la région acadienne qui entoure le village.

La route est plutôt fréquentée, surtout par rapport à mon étape d’hier. Mais les virages et petites montées-descentes, ajoutés au paysage côtier vraiment pas dégueu et aux Highlands en arrière-plan rendent la chose très supportable!

Je profite donc de cette partie de l’étape. Un petit vent me freine, la chaîne de Trekounet agonise et rend assez pénible toute accélération, mais je trippe quand même.

J’arrive à Chéticamp un peu avant midi. Quelques courses rapides, une pause internet à l’office de tourisme, un pique-nique guêpier, et on the road again!

Ah oui, petit détail: je tente de demander à l’office de tourisme si le club de vélo local, dont j’ai vu une pub sur le bord de la route, a des pièces de rechange. La madame appelle un membre et me le passe. Je lui explique mon cas. Il me dit que non, pas de pièces. D’un ton « hé gamin, la Cabot Trail, c’est pas un truc de rigolo », il me dit qu’il vaut mieux un bon équipement pour aller où je vais. Sa femme est à Sydney et pourrait me ramener les pièces ce soir. Je le remercie mais décline: il fait déjà frais, faut que je roule…et aujourd’hui est le dernier jour sec avant une apocalypse pluviale les trois prochains jours.

Pendant ma pause internet, je lis aussi que pour la Cabot Trail, vaut mieux être préparé, etc. Plus de 5000 km au compteur de ce voyage: je veux pas être prétentieux, mais je pense que je peux m’attaquer aux centaines de mètres de dénivelé qui m’attendent.

Allez, pour de bon, on the road again, les choses sérieuses peuvent commencer…après un ravitaillement en brownies à la boulangerie, bien sûr!

Sur les premiers kilomètres après Chéticamp, les montées sont plutôt courtes et gentilles (sous les 9%, on va dire). La route longe plus ou moins la mer: accents gaspésiens à mort.

La première vraie ascension est celle de la Montagne French. Le panneau dit 6 km à 11%, mais c’est du foutage de gueule:
-la montagne culmine à 455 m (alors que 0.11*6000=660 m),
-selon mon inclinomètre, la pente est rarement supérieure à 7%.

Bref, une belle côte, mais pas insurmontable. Hophop, on mouline, on tire la langue, on s’amuse des regards ébahis des motoristes, on fait signe à leurs encouragements. La chaîne tient le coup. Je trippe!

En haut de la côte, je croise un cyclotouriste néo-écossais. Il se fait 4 jours de Cabot Trail. Jasette, puis lui se tape une jolie descente…et moi quelques kilomètres sur un plateau des Highlands.

Ah, j’ai oublié…aujourd’hui, j’ai vu deux orignaux!!! Un avant les montées, bien, mais pas photographiable (il a flippé en voyant mon vélo, je crois), et un autre, photographié, mais caché par les arbres.

Revenons à nos moutons. Le plateau est agréable. Il fait frais, mais ensoleillé, de petites montées-descentes et quelques panoramas égayent ces quelques kilomètres, avant la descente vers Pleasant Bay.

Descendre, c’est cool aussi! Me voilà pilote d’une moto de course, à prendre des trajectoires, me relever et sortir les genoux pour faciliter la tâche à mes petits freins, et m’allonger sur la machine entre les courbes. En plus, les virages révèlent toujours de superbes vues sur la mer et le littoral…je trippe. Bon, par contre, fait pas chaud!

Ravitaillement en sirop d’érable à Pleasant Bay: je ne sais pas si j’en aurai assez pour le petit déj de demain. 13$69 les 500 mL, les boutiques de souvenirs sont de vrais arnaqueurs. Enfin il me faut ma came, pas le choix.

On continue les choses sérieuses. Maintenant qu’on est redescendu au niveau de la mer, il faut remonter une autre montagne, la North, pour continuer. Cette fois, plus de rigolade à 6%, mais une vraie côte, entre 9 et 14% sur plusieurs kilomètres. Avec un tout petit répit à 6% dedans, qu’on se croirait même en descente à ce moment là, tellement ça monte moins.

Je triche et fais des zigzag: la transmission a sauté deux fois sur la plus basse vitesse…il faut mettre le moins de couple possible. Et puis de toutes façons j’en chie déjà pas mal comme ça! Même en zigzagant, l’inclinomètre tape le 11%.

Ah, ça y est, je suis en haut! Yeah! Content.

Même combat que la première fois: quelques kilomètres de plateau avant la descente. Et quelle descente! Le paysage est magnifique. Les couleurs automnales, combinées à la lumière de ce début de fin d’après-midi, rendent le tout…woah quoi. J’espère que les photos rendent bien le sourire que j’avais en voyant ça.

Super descente, puis quelques kilomètres à peu près plats à faire souffrir la chaîne et le second plateau de Trekounet, et me voilà à mon objectif du jour: Cape North! Après 110.5 km à 17.4 de moyenne, soit 6h20 en selle à manger 1526 m de dénivelé, je suis satisfait de ma journée.

Je plante ma tente en plein milieu du bled, en vue de tout le monde, derrière un restaurant fermé, et en face de l’office de tourisme aux prises électriques extérieures et au probable accès internet sans fil.

Quelques pâtes-beans-ananas-cookies-brownies plus tard, me voilà sur le côté du bureau d’accueil touristique en train de vous écrire ces fraîches lignes (mon thermomètre dit 6°C). Mes orteils ont froid malgré les couvre-chaussures imperméables, mais le reste, ça va.

Demain, c’est pluie à fond: 15 à 20 mm dans la journée. On va essayer de survivre au frais humide! Et je vais probablement continuer vers l’est. Je serais bien allé jusque Meat Cove, la pointe nord de Cape Breton, mais s’il fait mauvais, bof…sans compter que je devrais me taper l’aller-retour. Bref, vers l’est, avec au moins une bonne grosse côte au programme. Sous la pluie, ça va être moins drôle…mais bon.

Bonne nuit au frigo!

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6 commentaires pour Jeudi 14 Octobre 2010: Cabot Trail, partie 1 (a.k.a. la x-ième merveille du monde) (Margaree Forks > Cape North)

  1. Ju dit :

    C’est beauuuuu !

  2. Cath dit :

    C’est magnifique ! et on sent que tu en profites bien, wahou !
    Bon, s’il fait trop mauvais, je te paye l’hôtel, que tu n’aies pas trop froid la nuit surtout.
    Il n’y a pas de warmshowers dans ce coin ?

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