Vendredi 15 Octobre 2010: Cabot Trail, partie 2 (a.k.a. la beauté nuageuse) (Cape North > Englishtown)

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Ah, la Cabot Trail! Le genre de route qui donne le sourire et me fait dire mes jurons courants…mais d’admiration. Suite et fin de ce que j’ai roulé sur cette piste mémorable.

Réveil et déjeûner habituels, sauf que je profite du confort d’un des bancs du bureau d’accueil touristique. Séance de séchage de tente et prise de décision: Meat Cove or not Meat Cove, zate ize ze quouechtieune. Si j’y vais, je me rajoute 25 km aller, et 25 km retour. So much pour mon avancement le plus rapide possible « vite fait de plus en plus froid », et la transmission de Trekounet. Mais ça a l’air joli.

Je tente une solution hybride: y aller en stop et commencer mon étape du jour de là-bas. Après 20 minutes d’attente et seulement deux bus scolaires passés, je laisse tomber: tant pis, pas de Meat Cove.

On the road again! Direction le sud. Il fait bien frais et nuageux, mais pas encore de pluie: elle n’est sensée arriver qu’en après-midi.

Le second et le troisième plateau de Trekounet, ainsi que la vitesse la plus rapide du premier plateau, sont quasi-inutilisables. De toutes façons, j’ai un bon vent dans le nez, et ça monte assez souvent, donc pas trop trop besoin des vitesses rapides.

Parlons-en, des montées. Pas de grosse ascension prévue ce matin, seulement une bonne petite côte, 7-10% sur une distance respectable. Ça réchauffe un peu…mais le bon vent et la petite dizaine de degrés Celsius ramène vite à la fraîche réalité.

Mon but de mi-journée est encore cette fois modeste: une quarantaine de kilomètres jusque Igonish, où je me prends une traditionnelle pause internet. Par contre, il caille, il y a du vent, et j’ai pas assez roulé pour avoir faim…je reprends la route pour me réchauffer.

Gnuh, de la construction. Probablement un des plus gros chantiers depuis le début de mon voyage. Ils refont la route sur une bonne distance, avec ponts, carrefours et tout le bazar. Une armée de bulldozers et autres engins, et une cohorte de tourneurs de panneaux. Comme d’habitude, j’ai horreur de ça…sans compter les montées à 8% dans leur gravel de m*%&$!

Quelques kilomètres après ces réjouissances, on arrive au passage le plus sérieux de cette journée: le cap Smokey! Une bonne grosse colline qui a les pieds dans la mer. Pas de grosse difficulté dans la côte: elle est bien longue, mais dépasse rarement les 10%. Hop hop, on en chie avec le vent…et au détour d’un virage au sommet, on insulte le monde tellement il est beau.

Wouah, quoi. Il fait un temps pas top, avec ces gros nuages et ce vent, mais c’est magnifique. Sur le coup, je me demande si la Corse, dont on vante la beauté certaine, fera le poids… (Parce que oui, j’envisage d’aller en Corse. C’est bon, les canistrelli! :D)

Vient ensuite une jolie descente, sinueuse à souhait, avec des virages limités à 20 km/h. Faut pas se rater, à moins d’être champion de plongeon!

Il semble venter de plus en plus, et faire de plus en plus frais. L’appétit ouvert par la bonne côte du cap Smokey, je continue jusqu’à avoir vraiment faim, et finis par engloutir mes désormais habituels sandwiches jambon-concombre ou tomate-cheddar-creamcheese à l’abri du vent dans un coin de bois.

Je repars en ayant chaussé les imperméables. Il ne pleut toujours pas, malgré qu’il soit presque 16h, mais j’ai un peu froid aux pieds et aux gambettes, avec ce foutu vent de face. Hop, on mouline pour se réchauffer.

J’étais parti sans objectif précis, mais en roulant, je me suis dit qu’il fallait que je sois à Sydney demain matin-début d’aprem si je veux trouver un vélociste ouvert. Ce matin, le panneau disait « Sydney 174 ». Hum, faut rouler!

Tant bien que mal, je mouline, comme le permettent ma chaîne (qui commence VRAIMENT à faire la gueule, l’usure se voit à l’oeil nu! Faut dire qu’elle a plus de 7000 km…) et mes jambes.

Petit arrêt-ravitaillement à une boulangerie du coin. Comme d’hab, le « whole wheat bread » est quasi-blanc, et on dirait une brioche. Bon, ça fera éponge à sirop d’érable, c’est déjà ça.

Quelques kilomètres plus loin, la Cabot Trail intersecte la route 312, qui part vers le sud-est pour rejoindre la Transcanada Highway, qui me mènera à Sydney. Salut, Cabot Trail. Merci pour tes côtes, tes paysages, tes couleurs, tes descentes. Je reviendrai, si je peux!

Je roule donc maintenant sur la 312, coupée en deux par un petit ferry à câble, qui traverse la St. Anns Bay. Tiens donc, je suis le seul cycliste…et encore une fois, je ne paye pas les 5$ forfaitaires, zut alors.

5 minutes de traversée plus tard, me voilà à Englishtown. Petite jasette avec la patronne du bus londonien transformé en café, à qui j’ai demandé de l’eau. Je lui demande s’il y a une église ici…elle me répond que oui, mais elle est fermée. Mort de rire intérieurement, je lui dis que je cherche juste un endroit où planter ma tente…OK, un peu plus loin à droite, thanks!

Un peu plus loin à droite…le centre communautaire, avec un petit préau! Parfait pour se protéger de la pluie, qui ne saurait tarder. Ouaaah, y’a même une prise électrique. Ce soir, grand luxe, j’ai l’électricité dans la tente! C’est au son pourri du haut-parleur de mon Archos que je m’installe et prépare mon meilleur potage riz-oignon-tomate-thon. Bon, revers de la médaille, je suis super proche de la route…mais il y a peu de trafic.

Deux petites vieilles débarquent pour des affaires communautaires. Je leur demande si je gêne…non, et elles me proposent même d’utiliser le lavabo à l’intérieur pour le temps où elles sont là. Je dois puer…

Pendant que je fais la bouffe, la pluie se met à tomber. Quelques gouttes portées par le vent atteignent la tente…mais rien de catastrophique. De bonnes bourrasques la secouent, mais mon arrimage approximatif semble suffir.

Miam, et je vous écris! Aujourd’hui, 100.6 km roulés en 5h44, soit 17.5 de moyenne. 1131 m de dénivelé. Notons qu’on n’a pas atteint un tel dénivelé sur deux jours (hier et aujourd’hui) depuis la Gaspésie et le Mégantic.

Demain, 60 km de grosse route horrible jusque Sydney, puis une nouvelle santé pour Trekounet. Porte-clés collector « maillons de chaîne usée de Trekounet » à vendre, 5 euros plus port, bientôt dans la section merchandising…ahah.

Bonne nuit électrique!

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7 commentaires pour Vendredi 15 Octobre 2010: Cabot Trail, partie 2 (a.k.a. la beauté nuageuse) (Cape North > Englishtown)

  1. Cath dit :

    Mic-mac autour du Terrot: trouvant le pneu avant bien près du haut de la fourche, je taillais à la lime des chapes à ressouder en place des origines… Au fond de l’atelier de travaux manuels, dans la cave à St-Jean, le  »département travail du fer » où étaient réalisées des bondieuseries en fil de fer soudées à l’étain, façon vitraux sans vitre… Des bouteilles de Butagaz dans un local aéré selon l’absence de normes du moment… Pour braser, il faut bien 800°, sinon plus; qu’est-ce qu’il y a de plus chaud qu’un chalumeau? DEUX chalumeaux! Chauffe Marcel! même s’il s’appelait Alain… A vrai dire, je ne sais plus si la greffe a pris mais j’ai encore roulé sur le Terrot.
    Il n’est pas branché avec des africains, le Bernie? tant mieux pour lui! Mais ya du taf pour conditionner le tas!
    Le cyclo qu’on a accueilli récemment avait 14 vitesses dans le moyeu genre « Strumey- Acher(ou qqchhose dans le genre) » et une chaine assez grosse; le plateau: 42 dents environ. C’est sûrement plus lourd et cher mais plus durable…

    • zboud dit :

      Mort de rire, le chalumeau à bondieuseries détourné!
      Ouai, c’est cool le moyeu-boite de vitesses. 5000 km garantis, d’après George!

  2. Cath dit :

    je commande un porte-clé s’il n’est pas trop tard, mais dégraissé !

  3. Juan Altitude dit :

    7000km sur une seule chaîne, wow! Tes plateaux doivent morts en effet.

  4. Ping : Cabot Trail, la merveille - Rémi en Amérique | Altitude Blog

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