Jeudi 18 Novembre 2010: démotivation utile (Lyon > Saint-Donat-sur-l’Herbasse)

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Pfffouuu, encore une fois, dur dur de rouler après s’être arrêté! Et encore plus dur quand il s’agit de se taper une quinzaine de bornes de ville et banlieue d’entrée de jeu. On va y revenir.

La journée commence plutôt bien: je fais des pancakes, ou en tous cas des trucs à base de farine, de sucre, et d’oeufs qui y ressemblent un peu. Je ramasse mes affaires et regonfle mon pneu arrière, encore crevé. En descendant Trekounet dans l’escalier, j’ai le mauvais sentiment d’oublier quelque chose. « Boah… »

Je longe les quais de Saône, pour finalement me retrouver pogné dans le trafic, les sens uniques, les carrefours casse-tête. Le rêve. Dans ma galère, je rencontre B., qui me conseille sur la marche à suivre. Lui a un fils parti récemment pour faire le tour de la Méditerranée. Problème: à Perpignan, il a glissé sur une bande blanche et s’est fracturé la mâchoire. Vraiment pas drôle. B., et fils de B., si vous me lisez, je compatis!

Au fur et à mesure des longues remontées de files, montées sur les trottoirs, coups de klaxon, je finis par progresser dans cette mélasse urbaine, et m’extraire finalement vers de petites routes campagnardes, qui tournicotent, montent et descendent, et…sont en fait un vrai dédale.

En gros, je me paume. J’ai la flemme de sortir le GPS, j’ai l’impression de tourner en rond, j’avance pas. Et je sens mon pneu arrière se dégonfler peu à peu, youpi. Bref, la motivation n’est pas au rendez-vous. Y’a des jours comme ça…mais là, je crois que c’est l’effet de la jungle urbaine dès le matin.

J’avance quand même un petit peu, jusqu’à rejoindre la N7 à Seyssuel. Ah, le bonheur, de la grosse route qui tache, et encore de la ville: Vienne. Cette journée m’enchante.

Sans compter ce dont j’ai pas encore parlé: traverser la vallée du Rhône. Usines chimiques à gauche, autoroute, etc, quelle belle vue. Seule consolation: le majestueux fleuve, au débit impressionnant, le faisant sortir un peu de son lit.

À partir de Vienne, je prends la D538. Les choses sérieuses commencent: ça monte et ça descend pas mal (plus de 1200 m de dénivelé aujourd’hui!). En général, pas mal de looongs faux-plats entre 3 et 7% sur plusieurs kilomètres. Allez, on sue!

Lorsque je m’arrête pour manger, quelques gouttes se mettent à tomber, alors que la météo était jusque là clémente. Je commence à me dire que bordel, c’est pas vrai, quelle journée de merde…mais les gouttes restent clairsemées. Ouf.

Je me rends alors compte du drame qui se joue à mon insu depuis ce matin. Dans ma sacoche avant gauche, il manque quelque chose d’important. De primordial. J’AI OUBLIÉ LE SIROP D’ÉRABLE ET LE BEURRE DE PEANUT! Enfer et damnation. Rhaaa! Quelle misère. Je vais être sevré à la dure…

Je pleure un bon coup, mange quand même, tente de réparer ma crevaison (trou introuvable), puis reprends nonchalamment la route. Comment ai-je pu oublier ça?!

Je continue à enchainer les faux-plats et descentes jusqu’à Hauterives, où se trouve le palais du Facteur Cheval…que je n’ai pas vu, puisqu’il est enclavé et qu’on ne peut pas juste le voir sans payer. Tant pis.

Dans la montée-descente après le bled, je rencontre un cycliste originaire du Pas-de-Calais. On jase de vélo, du Ventoux, etc. C’est motivant un compère rouleur pour appuyer sur les pédales: on file à 32 km/h alors que je me suis trainé toute la journée. Il me conseille un endroit pour camper pas loin, et me laisse ensuite: lui roule jusque Valence.

Je vais voir l’endroit en question, une sorte de base de loisirs autour d’un petit lac. Ça doit être un truc assez fréquenté en saison, mais là, c’est fermé. Un autocar de vieux est quand même stationné. Petite jasette avec quatre mamies devant la porte close. Elles vont ensuite rapporter tous les détails de mon voyage au reste du groupe, qui m’observe alors que je passe, et que je salue. J’ai l’impression d’être de retour à Percé. (Mais si, souvenez vous!)

Quelques mètres plus loin, je tombe sur ce qui doit être le terrain de camping du coin, évidemment fermé. Je me pose pas trop de questions et plante ma tente dans le fond.

Aujourd’hui, roulé 5h37 à 18.7 de moyenne, soit 105 km. Demain, cap toujours au sud, objectif Pierrelatte!

Bonsoir! :)

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8 commentaires pour Jeudi 18 Novembre 2010: démotivation utile (Lyon > Saint-Donat-sur-l’Herbasse)

  1. Cath dit :

    j’en connais deux qui vont se régaler !

  2. V. et R. dit :

    Salut Rémi, ne t’en fais pas R. va t’apporter du beurre d’arachide et du sirop d’érable lors de sa visite à St-Quentin dans quelques semaines; si tu es absent, il remettra le tout à ton oncle C. Merci pour les photos; vraiment intéressant :o)

  3. Matth dit :

    Le fils de B (que je suis) qui vous avait aiguillé à lyon est sensible à vos pensées et espère reprendre la route, vite vite vite!!
    courage et persévérance, faut bien ça.

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