Samedi 20 Novembre 2010: Mamie fait du vélo (Pierrelatte > Sarrians)

image

image

image

image

image

image

image

image

image

image

image

image

Ouai, aujourd’hui, c’était vraiment peinard de chez peinard. À peine une petite montée.

Je quitte l’appart de C. avec un super gâteau à la crême de marrons…merci encore C. de ton accueil, ça m’a bien fait plaisir. Et puis rencontrer N., c’était bien cool aussi!

Évidemment, il pleut. Je croyais qu’il faisait beau dans le sud, c’est quoi cette arnaque?! Enfin, il pleut gentiment, j’en ai vu d’autres.

Direction le Ventoux! Comme on m’en a fait plusieurs fois toute une montagne, je m’en fais aussi une montagne. Donc pour garder mes forces, je décide que la cinquantaine de bornes qui sépare Pierrelatte de la montée sera roulée en mode « course de lenteur »: cool Raoul, tranquille Émile, peinard Édouard.

Le paysage défile quand même, lentement mais sûrement. Une constante persiste toutefois: le gros nuage dans lequel baigne la montagne. Ça promet…

Le vent vient du Sud-Est. Tiens donc, c’est où je vais! Pas de problème, il n’est pour l’instant pas dérangeant.

Je traverse des jolis villages, avec des châteaux, tours et autres trucs médiévaux. Ah, l’Europe, quelle histoire…l’Histoire! Je me marre en pensant aux deux petits vieux disant « ahlala tant d’histoire, tu te rends compte, 1759 » dans la citadelle d’Halifax.

La pluie est assez intermittente. Un coup ça tombe bien (je suis mouillé), puis ça s’arrête et vente un peu (je sèche), puis ça repleut (je suis re-mouillé). Bref, comme il fait un peu frais, je garde les imper.

Avec mon rythme de tortue handicapée, j’arrive aux pieds du Ventoux, à Malaucène, vers midi. Il fait faim, je fais une petite pause-bouffe avant d’attaquer les choses sérieuses. Marrant, je mange la même chose que quand je me suis monté le Mégantic.

Allez, c’est parti! L’endroit est, d’habitude, très fréquenté par les cyclistes: il y a un accotement réservé, un super panneau résumant les caractéristiques de la montée en bas, et, sur les bornes kilométriques, le décompte de la distance restante avant le sommet et la pente moyenne locale.

Inutile de préciser qu’aujourd’hui, étant donnés le froid, le vent et les précipitations, je n’ai pas croisé d’autre vélo sur cette belle route.

Ah bah zut alors…en bas, le panneau dit « col du Mont Ventoux: FERMÉ, ouvert jusque un peu plus bas ». Et merde, j’en étais sûr. Tant pis, je monte, je m’arrêterai quand je ne pourrai plus avancer.

Je monte en mode relax. Pas envie de me crever, je veux juste voir le sommet! Enfin, si possible. Relax, donc j’en chie pas vraiment. C’est physique, certes, mais sans attaquer, c’est pas crevant. Pourtant la pente peut être assez forte: sur certains kilomètres, c’est du 11%. Enfin de toutes façons je suis à 7km/h quoi qu’il arrive!

Au fur et à mesure, je suis de plus en plus haut. Tiens donc…

Les vues sont impressionnantes, malgré la grosse couverture nuageuse. D’ailleurs, plus on monte, et plus on est proche de cette grosse masse cotonneuse dans laquelle se trouve le sommet. Elle semble de plus en plus menaçante…

Selon le cap, le vent est variable. Des fois, tout est calme, puis d’un coup, bime, une grosse rafale, et on est dans le décor avant d’avoir eu le temps de réaliser qu’il y a eu du vent. Assez déconcertant!

Au fur et à mesure des pentes et des virages, on arrive dans ce gros capuchon de coton au dessus du sommet. Et là, c’est pas de la tarte. Le vent se fait de plus en plus costaud, il fait de plus en plus frais, la pluie se change en neige fondue, puis en neige, de plus en plus cinglante quand elle frappe le visage.

Dans ces conditions, je suis en mode « dans ma bulle »: imper remonté au dessus du nez, aérations fermées, gants et sur-gants, et hop, on mouline. Seulement, ça n’empêche pas le vent de me faire me planter dans le décor. Je crois que les rafales néo-écossaises peuvent remballer: alors que je luttais patiemment, une bonne grosse bourrasque me stoppe net, me fait tourner vers le bas-côté en me faisant à la fois redescendre un peu et me planter dans le décor.

Ça devait être marrant à voir. Genre la montagne qui dit « eh toi là, le vélo, t’arrêtes tout de suite et tu retournes d’où tu viens! ». Bonne rigolade et petite manoeuvre pour remettre Trekounet dans l’axe, et me voilà reparti. Tiens donc, de la neige sur les bas-côtés de la route…

Seulement voilà, quelques centaines de mètres plus loin, de nouveaux panneaux et barrières indiquent que la route est fermée entre le 15 Novembre et le 15 Mai. Mais on peut passer quand même…allez, on tente.

La tentative a vite tourné court. Après le premier virage suivant la barrière, la neige envahit la route. J’ose espérer qu’elle est assez fondue là où les autos sont passées…mais non, c’est peine perdue, je dérape. Il reste 6 km jusqu’au sommet, environ 500 m d’altitude. Continuer à pieds serait ridicule, et sur les roues, c’est du suicids…sans compter la descente dans ces conditions.

Me voilà donc contraint de faire demi-tour…le Ventoux a gagné cette fois. Mais ce n’est que partie remise…

La descente est sacrément fraîche: mon thermomètre disait 2°C quand j’ai rebroussé chemin (la tête basse, en pleurant) (non, en vrai, la montagne a dû apprendre quelques jurons). Certains endroits sont un peu plus dégagés que lors de la montée…photos time! Les freins tiennent bon. Les gants aussi. Tout roule! Mais j’y vais mollo, l’adhérence est précaire…

De retour à Malaucène, il est 15h30. Je me fais arnaquer à la librairie du coin (60 sous la carte postale), et je repars avec l’idée folle d’atteindre Nîmes avant la nuit, ce que je savais pertinemment impossible avec ce que j’ai dans les jambes.

Profitant du vent et des descentes, je pense un moment que je pourrai quand même faire la surprise aux A., mes amis nîmois, ce soir. Mais j’abandonne vite l’idée. Lorsque la nuit tombe, je fais donc quelques courses pour avoir de quoi survivre à un camping ce soir: bananes, sauce tomate et clémentines!

Sous la pluie provençale crépusculaire, je me cherche donc un endroit pour la nuit. Au détour d’une petite route, je prends un chemin vers le fond d’un champ. Seulement voilà, apparemment ici, dès qu’il pleut un peu, tout devient boue. Trekounet et mes chaussures se retrouvent complètement embourbés…la misère.
De retour sur l’asphalte, je déambule et finis par trouver une jolie haie, avec un endroit à peu près sec à ses pieds. Bon, c’est pas très abrité du vent, mais ça le fera. Je monte la tente aidé par ma frontale, dont les batteries tiennent le coup, pour une fois. Pâtes-bouillon kub, bon gâteau, Ritter Sport, clémentines, aaah, ça va mieux.

Aujourd’hui, 6h38 en selle à 16.7 de moyenne, soit 110.9 km. Avec 1720 m de dénivelé quand même…

Demain, route vers Nîmes! :)

Bonne nuit les petits!

Publicités
Cet article, publié dans Français, est tagué , , , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

4 commentaires pour Samedi 20 Novembre 2010: Mamie fait du vélo (Pierrelatte > Sarrians)

  1. Cath dit :

    Ah ben vrrai, t’as dont pas eu d’bol avec le temps, et tu as bien fait de renoncer.
    Surtout qu’il n’y avait pas un chat, et rien à voir sauf du brouillarrd.
    Tu auras donc une revanche à prendre !
    Bises, téléphones-tu un de ces 4 ?

  2. Juan Altitude dit :

    Ta victoire ne sera que plus savoureuse!

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s