Dimanche 28 Novembre 2010: pluitalie (San Remo > Porto Vado)

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Ah, une journée merdique comme on les aime! Allez, je vous raconte, plaignez moi.

Je suis réveillé en pleine nuit par un bruit horrible: celui des milliers de gouttes d’eau qui s’écrasent sur Hubba. Bon, c’est la nuit, on s’en fout, y’a que pour la sortie pipi que c’est pénible.

Seulement voilà, à 7h…ça tombait toujours. Allez, je me fais une petite grasse matinée en espérant que la pluie cesse pendant que je redors. Une heure et demi plus tard…plicploc, encore et encore. Bon, va quand même falloir se bouger.

Peinant à me motiver, je sors les imper pour aller préparer la bouffe. Je tente ensuite de remballer Hubba en mouillant le moins possible l’intérieur…mais vu ce qui tombe et la quantité d’eau déjà sur la toile, c’est mission impossible.

Je tarde donc à reprendre la route. Enfin, plutôt, la super piste cyclable, qui est apparemment une ancienne voie ferrée. C’est triste, mais je profite du démantèlement du réseau ferroviaire. En particulier, les tunnels, véritables oasis de sécheresse par ce temps plus qu’humide, sont bien appréciables. J’y croise d’ailleurs quelques rouleurs apparemment venus s’entraîner au sec.

Évidemment, cette belle route n’est pas sans fin: il arrive un endroit où la voie ferrée reprend ses droits. Je suis alors de retour sur la route SS1, direction Genova, avec mes amis les motoristes.

Vous aurez deviné que sous cette pluie, avec un départ si tardif, je peine à me motiver à appuyer sur les pédales. Allez, on avance, on avance…

Une de mes obsessions de ce matin est de trouver du pain. Évidemment, comme on est dimanche, tout est fermé. Et surtout, il semble y avoir très peu de boulangeries dans ce pays.

Mon salut viendra finalement d’une petite épicerie dans je ne sais plus quelle ville. J’y entre à 12h52 alors que ça ferme à 13h…ouf! Bon, j’achète du pain de mie, et un truc qui avait l’air bon mais qui en fait l’est pas, puisque c’est des tranches pas assez cuites exprès pour faire des bruschietta. Trop bien.

Je mange sous des arcades désertes, devant une banque quelconque, en assistant à un deal de drogue. Le dealer arrive en scooter, marche jusqu’au coin de la rue, siffle, puis revient avec un autre gars. Dans le coin à peine discret, il sort un truc de ses chaussures, et le tour est joué. Je l’ai pas fait payer pour mon silence.

Je reprends la route engourdi comme d’habitude. Il pleut encore, évidemment! Je traverse des endroits pas super, mais avec de jolies montagnes enneigées en fond de tableau.

Je crois que j’ai d’ailleurs eu affaire à mon premier chauffard italien. Un abruti en camping-car me double, enfin, continue de rouler tout droit alors que je suis sur la route: il passe à quelques centimètres. Je pense que les riverains ont appris quelques mots de français.

Plusieurs fois, la route passe par des tunnels. Certains sont sans trottoir ni accottement: pas trop le choix. Heureusement, ils sont courts et la limite de vitesse est basse. Certains ont un trottoir. Je tente de l’emprunter…c’est étroit, mais ça passe. Par contre, ça se resserre…pour finir par frotter des deux côtés: le tunnel aussi a appris du français. Enfin il était quand même particulièrement impressionnant, traversant une falaise plutôt pas mal haute.

Ah, tiens, il ne pleut plus! Par contre, ouah, le vent a pris la relève. Même si je lui dois une fière chandelle, puisqu’il emmène la foutue dépression loin d’ici, il me tape rapidement sur les nerfs. Certains caps rocheux deviennent plus que pénibles, avec de fortes rafales de face et/ou de côté. Souvent je me retrouve à 10 à l’heure sur la plus petite vitesse, ou encore à devoir lutter pour avancer dans une descente.

À un moment, je suis intrigué par un bruit de gling-gling à l’avant. Rha, le porte-bagages avant gauche est desserré. Je m’arrête et resserre…CRAC, la vis pète. Rhaaaa! Leçon de français gratuite à tous les environs, puis je perds un temps fou à réparer.

Évidemment, avec un départ tardif, un manque de motivation lié à une météo plutôt sacrément pourrie, etc., je laisse rapidement tomber l’idée de passer Genova aujourd’hui. Je repère sur la carte un phare juste avant la ville de Savona.

J’ai droit à un petit rayon de soleil…ah, cool! Le ciel se dégage un peu, et on voit au loin des kilomètres de côte italienne et des sommets enneigés.

À force de bataille contre Éole, j’arrive dans le coin en question. L’endroit est une ruine en surplomb d’un horrible port. En plus, l’accès est barré et il faut se taper un bon gros raidillon…je lache l’affaire.

En déambulant dans les rues du bled, je tombe sur une sorte de friche industrielle. Dans un coin, un petit endroit entouré de bambous et d’arbres semble faire un bon spot. Il est 16h40, la luminosité se fait de plus en plus faible, allez, ça ira.

Je sors Hubba, évidemment toujours trempée. Je monte le tout, et au moment de planter les sardines, c’est le drame. En fait, le sol est composé d’environ 4 cm de terreau, et en dessous, c’est une énorme dalle de béton: impossible d’attacher la tente. Une misère de plus dans cette journée. Flemme de démonter, après avoir galéré une demi heure à tenter différents trucs, j’attache les deux points les plus stratégiques à des arbres environnants, et basta. Le résultat est pathétique, et s’il pleut, ce sera pas beau à voir. Pire bivouac du voyage. Sans compter que le sol est peut être contaminé par je ne sais quoi…en plus de tous les détritus qui traînent.

Bref. Aujourd’hui, 90 km en 4h53, soit 18.4 de moyenne.

Demain, une meilleure journée…j’espère!

Bonne nuit aux PCB!

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11 commentaires pour Dimanche 28 Novembre 2010: pluitalie (San Remo > Porto Vado)

  1. Jmi dit :

    Oh eh !! C’est quoi ce laisser-aller ? Où est le moral ? Plonge vite au Sud pour le retrouver…

  2. bouderlique dit :

    salut Rémi. As-tu des adresses d’hébergement chez des personnes? Bonne route.

  3. nico dit :

    http://www.dailymotion.com/video/x3rgew_clip-connards-en-camping-car_music
    courage, bro ! pour te consoler, dis toi que par chez nous ça caille sec (bon, rien à voir avec Montréal, hein, mais quand même)!

  4. Julien dit :

    Question pain dans le nord tu risque d’être déçu mais bon tu peux toujours te venger sur une bonne focaccia olive.
    Tiens et au fait j’ai enfin participé à la masse critique et j’ai donc sorti Bike Jäger!!!

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