Vendredi 10 Décembre 2010: rêve d’enfant et chiens errants (Napoli > San Valentino Torio)

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J’avais dit que j’arrêterais les noms de bled à rallonge, bon, bah, c’est raté…Article que je voudrais dédier à mon ami E.B., sans qui cette étape n’aurait peut-être pas été la même, voir pas été tout court. Donc E., si tu lis ces lignes, sens toi visé! :)

Je me réveille avant 6h et subis mon remballage le plus stressant du voyage. Et ouai, en fait, l’endroit que je squatte cette nuit est fermé, mais il semblerait que quelqu’un passe quand même par la grille sous laquelle j’ai passé Trekounet: je l’ai entendue être ouverte au moins une fois hier soir. Ah oui, et le fait que j’ai plutôt mal dormi, sans boules quies dans une nuit ventée, participe aussi probablement à mon stress. Bref, je suis soulagé quand je me retrouve de l’autre côté de la grille.

Par contre, premier déboire de la journée quand je découvre l’origine de la vibration qui secoue Trekounet en ce moment (en particulier à 28 km/h): mon pneu arrière est déchiré, dans le même genre que ce qui avait valu à mon Specialized Armadillo une superbe carrière en tant qu’ordure ménagère.

Mais là, la vibration est assez faible: rien ne frotte…les roulements et le reste de la roue en prennent un coup, c’est sûr, mais pas de changement de pneu au programme.

Je traverse Naples avec un seul but en tête, pour l’instant: trouver une carte! Je longe la mer, contre un vent frais assez méchant. Et là, c’est le drame: mon pneu avant est dégonflé. Ah non hein, pas une crevaison avec ce pneu depuis plus de euuuh…8000 km je pense, ça va pas commencer hein! Je démonte (en plein vent, évidemment), mais ne trouve pas de trou dans le tube, malgré un bout de verre planté dans le pneu…probablement une crevaison très très fine. Bref, je remonte et regonfle…on the road again.

Parlons-en, d’ailleurs, de la road. Ici, il y a plein de pavés, et autres dalles mal jointées. J’ai rien contre…sauf quand la surface est plus proche de celle d’un terrain de motocross que de celle du Circuit Gilles Villeneuve. Trekounet et mes fesses, désormais non lubrifiées pour cause de manque de crème, souffrent sur ces rues pourries.

Tout ça ne m’aide pas dans ma quête d’une carte de la région. Après avoir miséré 20 bornes dans Naples et sa proche banlieue, je finis par en trouver une. Elle est au 300000ème, pas précise, pas robuste, bref, toute naze…mais elle a au moins le mérite d’exister. Et puis je l’ai payée 5 euros au lieu de 6: wouhou, une tablette de chocolat en plus au prochain ravitaillement!

Bon. Je sais enfin où je suis: Ponticelli, dans la banlieue napolitaine. Je peux maintenant savoir par où passer pour atteindre mon objectif du jour: monter en haut du Vésuve!

Et ouai, le Vésuve, c’est lui le rêve de gamin. Parce qu’avec E.B., on trippait à fond sur les volcans…c’est sa passion qui a été communicative. Il fut même un temps où on voulait être vulcanologues. Destinée accomplie le temps d’un mardi-gras pour ma part, où j’avais un déguisement trop, trop classe, en toile de spi fluo, avec un casque isolateur en carton, avec film technique protecteur confectionné dans un collant. Le trip!

Revenons à nos chauffards. En fait, contrairement à ce qui me semblait, le Vésuve est en plein dans l’agglomération napolitaine. (Bonjour les dégâts la prochaine fois que ça va péter!)

Il me faut donc rouler encore quelques bornes de banlieue avant d’atteindre le bas de la petite route qui grimpe jusqu’au cratère…puis c’est parti pour une bonne côte, estimée par mes soins à 900-1000 m de dénivelé, la plupart du temps entre 6 et 10%. C’est marrant, il y a des inscriptions pour les cyclistes sur la route, comme au Ventoux. Genre y’en avait une « so cioute »: un nom, 500 m plus loin « will you », 500 m plus loin « marry me? », et au sommet « I love you! ». Ah, ils sont fous, ces cyclistes…

Bref, une sympathique grimpette sous le soleil, en compagnie de deux chiens errants, dont un m’a suivi même après, sur le chemin pédestre autour du cratère. Petit bémol au soleil: sur les derniers kilomètres, j’ai un bon gros vent frais de face…brrr. Et bémol au sympathique: ici aussi, jusqu’à une certaine altitude en tous cas, il y a des détritus…mais des belles roches volcaniques aussi, pour compenser.

La route s’arrête quelques dizaines de mètres en contrebas du sommet. On doit ici payer pour continuer à pieds dans un chemin de gravel volcanique. Le vent est de plus en plus intense, vraiment impressionnant. Ventoux attitude!

En haut du volcan, je rencontre deux Françaises, M. et S., avec qui j’ai partagé le guide. Abusé le guide d’ailleurs, il balance son speech appris par coeur à toute blende, et attend son pourboire. Enfin il m’apprend quand même qu’il n’y a pas de plan d’évacuation de Naples en cas d’éruption, ce dont je doute quand même un peu.

Bref, jasette avec M. et S., dans un vent de folie qui donne la peur de s’approcher de la rembarde en ficelle, en parcourant le chemin qui longe le bord du cratère. Mort de rire, j’allais oublier: en voyant mon casque, le guide m’a déconseillé de descendre dans le cratère. Ouaiouai, genre c’était mon intention!

Redescente vers les véhicules et échanges d’adresse bloguesque/email: M. a un ami chez Alstom, section hydraulique. Intéressant…Sympathique rencontre à part ça, sans compter que ça fait plaisir de parler français. Salut, enchanté, à bientôt peut-être!

J’enchaîne ensuite la belle descente, du haut du volcan, jusqu’à la mer, au bord de laquelle je me fais une petite pause bouffe: il est quand même 14h environ!

Évidemment, les routes italiennes délabrées, pavées, trouées, ont encore eu raison d’un des rayons de ma roue arrière. C’est du bon côté, ouf, allez, on remplace, et on repart.

Direction Pompei! J’y suis assez rapidement. La route est chiante, de la banlieue napolitaine pourrie. Arrivé aux ruines de la cité romaine, évidemment, il faut payer 11 euros pour visiter…bof, en plus il se fait tard, je dois rouler un peu si je veux sortir de cette foutue agglomération avant la nuit.

Le problème, c’est qu’elle s’étend sur des dizaines de kilomètres, cette banlieue. C’est dense, plein de chauffards, de camions, de routes pourries, de misère, de chiens errants…déprime de fin de journée en perspective. Surtout que dans ce bazar, je galère vraiment à trouver un endroit (décent ou pas) pour camper.

À propos de misère, je vois depuis hier de plus en plus de monde se déplacer en charette à cheval, et je doute que ce soit par conscience écologique.

Finalement, je trouve une sorte de champ de palmiers qui n’est pas cloturé, mais est assez dense pour que je sois un peu camouflé. Allez roule…ou plutôt, ne roule plus! Bon, ça aboie de partout, on entend le train pas mal fort, mais ça ira. Espérons juste qu’une meute ne va pas débarquer quand je mangerai. Hier, après avoir ouvert la boîte de thon, y’avait des tas de chats autour de la tente. Dégagez, c’est ma bouffe!

Remontage de moral par écriture de SMS, de blog, sur fond de Renaud, Chimaira et Fatals Picards…ça fait du bien.

Aujourd’hui, 16.2 de moyenne sur 88.5 km, soit 5h27 en selle. Et 1180 m de dénivelé, quand même.

Demain, cap sur l’Adriatique!

Bonne soirée canine…

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7 commentaires pour Vendredi 10 Décembre 2010: rêve d’enfant et chiens errants (Napoli > San Valentino Torio)

  1. Cath dit :

    Ho là, à t’entendre l’Italie est un pays en voie de sous-développement…
    Je vais envoyer l’adresse du blog à Berlou tiens, qu’il voit l’avis des touristes sur son pays ! nan j’plaisante.

  2. Jmi dit :

    En effet le Sud ça change beaucoup du Nord… Avoir vu le Vésuve quand même, c’est top… Où vas-tu aller maintenant ? Tu descends plus au Sud ou tu traverses de l’autre côté de la botte ?

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