Mercredi 15 Décembre 2010: Albanie, wouhou (Brindisi > Vlorë > Brosch)

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Ah bah dis donc, l’Albanie à vélo, ou en tous cas le coin où je suis, c’est quelque chose!

La traversée est passée assez vite, même si j’ai peu et mal dormi. J’avais élu domicile près d’un souffleur d’air chaud, ce qui était en fait une très mauvaise idée, puisque l’air était donc chaud et sec: désagréable pour dormir. Sans compter que le dispositif a attiré des boulets en pleine nuit…qui se sont mis à causer comme si de rien n’était, alors que plusieurs personnes, dont moi, dormaient ou tentaient de dormir juste à côté. L’avantage de ce spot, c’étaient les quatre prises électriques. Je ne suis néanmoins pas parvenu à charger ma batterie Brunton, je ne sais pas pourquoi…j’espère que c’est juste le courant du bateau qui était bizarre.

Bref, vers 5h du matin, j’ai fui l’air chaud et les abrutis pour un endroit plus frais et calme pour finir la nuit, où j’ai peut être pu dormir un cycle complet de sommeil, en plus de celui glané dans l’air saharien grâce à mes bouchons d’oreille Decathlon.

Je suis réveillé par une alarme qui dit que les gens qui ont des cabines doivent rendre leurs clés. Je ramasse mon bazar, me change aux toilettes et vais retrouver mon fidèle destrier.

Après remballage de mes affaires sur Trekounet pendant le départ de tous les autres véhicules du bateau, je vais passer la douane albanaise. Pas un mot de la douanière, un coup d’oeil au passeport, un tapotage sur l’ordinateur, un coup de tampon et le tour est joué. Je suis donc à Vlorë, en Albanie, ça y est! On the road again!

C’est un peu la jungle ici. Je sais pas si il y a un code de la route en ville, en tous cas y’a pas de feux, très peu de panneaux…le tout donne une ambiance assez anarchique. La poussière et le sel, par endroits mélangés à de l’eau-neige-glace, recouvre toutes les rues et le bas des voitures. Trekounet et mes bas de jambes ne sont pas épargnés…

Je fais un petit tour au pif dans la ville, et atterris dans des rues-chemin de terre sacrément pourries. Mais les artères principales sont en général bien praticables. Je déjeûne dans un parc, avant de demander mon chemin à un papi. Y’a pas 36 routes, ça fait moins de chances de se planter!

Je longe le littoral-station balnéaire déserte pendant quelques kilomètres. C’est joli, cette vue sur la presqu’île/péninsule d’en face, ça me rappelle un peu les Îles de la Madeleine.

Au fur et à mesure, la route s’éloigne de la mer et grimpe. Bin oui, il y a quand même un col à 1057 m à passer! C’est assez sportif. Parfois la pente est assez raide, genre les concepteurs de la route n’ont pas pensé que faire quelques courbes en plus l’auraient rendue plus praticable.

Heureusement, la route est salée: de la neige-glace-slush l’envahit au-dessus d’une certaine altitude. Encore heureusement, il y a toujours un petit bout où l’adhérence est bonne et où je peux rouler.

Juste avant d’arriver au col, je suis servi, les épingles s’enchaînent, reliées par des bons petits raidillons. Sur l’un d’entre eux, un chien me poursuit. Il donne un coup de dents (gentil le coup, j’ai pas vu de trace de grosse déchirure!) dans une de mes sacoches. À force de lui gueuler dessus, il finit par lacher l’affaire…ouf.

J’oubliais, pendant l’ascension, j’ai eu droit à quelques coups de klaxon et signes d’encouragement (ou de « mais qu’est-ce que tu fais ?! »)…merci les copains. Arrivé en haut, la vue sur l’Adriatique est vraiment belle, le soleil perçant les nuages et allant tacher la surface de l’eau par endroits. Il fait bien frais (d’ailleurs, mon cyclomètre ne supporte pas…). Allez, on se couvre, et on se lance dans la belle descente!

Je suis bien content de l’avoir franchi dans ce sens, ce col, parce que dis donc, vue la descente, monter ne doit pas être de la tarte. (Regardez Google Maps, elle doit être belle en vue aérienne aussi!) Attention, il y a des gros cailloux sur la route…on arrête de faire le mariole en prenant des photos, et on se concentre un peu, en oubliant que les doigts sont en train de geler, malgré les gros gants.

Après ce col, la route longe la mer, en montant-descendant plus ou moins violemment. Certains passages ressemblent un peu à un désert, pas grand chose qui pousse, pas grand monde…

En revanche, certains sont un peu plus vivants. Je croise quelques gens sur des mulets, et des gens qui essayent de faire avancer leur mule, comme dans les films, trop drôle! Enfin, un peu la misère, quand même.

Ça contraste avec le nombre hallucinant de Mercedes qu’il y a ici. C’est fou, il y en a partout! Du vieux camion en panne dans la montée au dernier coupé piloté par quelqu’un légèrement pathibulaire, toute l’historique de la gamme semble là.

Je m’arrête pour manger sur une sorte de terrain vague avec des oliviers, puis reprends assez vite la route. Je voudrais essayer de dépasser Brosch, un bled à 94 km de Vlorë selon ma carte, aujourd’hui.

D’ailleurs, parlons-en, de cette carte. C’est une Michelin de la Grèce…au 700000ème. Autrement dit 1 cm correspond à 7 km. Rien ne sert de la regarder, dessus, je bouge pas!

J’enchaîne les belles montées-descentes pendant tout l’après-midi, dans un cadre pas dégueu, bien que très rocailleux. Mon cyclomètre marche maintenant seulement dans les montées, en dessous d’une certaine vitesse, je sais pas pourquoi, mais c’est la loose. Enfin, tout ça pour dire qu’il compte quand même le dénivelé…et nous avons un record: 2213 mètres dans la journée.

Je passe finalement Brosch un peu après 15h. Mais c’est pas l’heure d’arrêter, je continue un peu…pour finalement stopper une heure plus tard: j’ai trouvé une oliveraie avec des endroits à peu près plats (chose rare par ici!), et peu visible depuis la route.

J’ai probablement été vu par un berger du coin pendant que je m’installais, et quelques chiens aboient aux alentours. Mais bon, il a certainement mieux à faire que venir me déranger, et pour les chiens, j’ai mon Opinel! Ahah. J’ai aussi entendu pas mal de coups de feu…je ne serais pas surpris qu’ici, la chasse ne soit pas un loisir.

Présentement, il est 17h45, mon thermomètre dit 7°C dans la tente…on est quand même à quelques centaines de mètres au-dessus de la mer, la nuit va être fraîche!

Aujourd’hui, selon mes estimations, une centaine de kilomètres en environ 6h, soit un peu plus de 16 de moyenne.

Demain…direction la Grèce!

Bonne soirée sous les frais oliviers!

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6 commentaires pour Mercredi 15 Décembre 2010: Albanie, wouhou (Brindisi > Vlorë > Brosch)

  1. Cath dit :

    On t’a suivi sur la carte, et on a trouvé un lieu qui s’appelle Borsch, mais Brosch non…
    ça semble effectivement un peu désertique, surtout en hiver.
    Espérons que tu rencontreras du monde si tu vas à Corfou !

  2. Jmi dit :

    L’ALABANIE !!!!
    Alors c’est plus Corto Maltese mais Tintin et le Sceptre d’Ottokar !!
    En plus il y avait Milou accroché à la saccoche…

  3. Mimi Menu-Bock dit :

    Salut Rémi
    Ouaaaaaaaaaaaaah C´est beau, c´est beau, c´est beau !!!!
    Nous on entame notre 3ème ou 4ème semaine de neige-froid-pluie-glace !
    Courage pour les montées. Profite !
    Mim

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