Jeudi 23 Décembre 2010: calme corinthien (Diakopto > Korfos)

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Une journée aux conditions atmosphériques relativement idéales! Pas extravagante, mais je vous raconte quand même.

Remballage-stress: des gens s’activent dans la parcelle d’à côté, j’entends des voix et des tronçonneuses. Je suis à peu près hors de vue, mais je n’ai pas trop envie d’être spotté en train de franchir le mur, ou vu tout court de toutes façons. Hubba est trempée de condensation, mais pas le temps de faire sécher. Hop, tout est chargé, je me casse le dos à passer le vélo au-dessus du mur…le tout sans cri ou reproche grec. Ouf!

On the road again! Il y a du trafic en ce petit matin, et en plus, encore un gros chantier et ses hordes de foutus camions qui se croient tout permis. Enfin, je survis, et la route finit par être plaisante.

En effet, le soleil finit par passer au-dessus des collines qui le masquaient jusqu’à présent. Même si le ciel est voilé, la température est clémente, et surtout, il n’y a aucun vent! C’est bien simple, la mer est d’huile. Et ce matin, le panache noir dégueulasse intoxicateur qui pue, dû au préchauffage de mon réchaud, était droit comme un I.

En gros, des conditions vraiment appréciables. Je roule peinard, pas envie de bourrer. Pourtant, la route le mériterait un peu: elle est bien jolie, mais monotone comme jamais. Kouchibouguac attitude, pour ceux qui se rappellent.

Heureusement, les diverses bourgades, et autres arrêts, brisent un peu la monotonie. Parmi les arrêts, une pause internet dans un hôtel aux gérants (propriétaires?) bien sympathiques. Décidément, je retire tout ce que j’ai pu dire sur la chienlit grecque. À part une gardienne de musée relou, un gérant d’épicerie anticycliste et tous les vieux qui me regardent comme s’ils avaient jamais vu un vélo, les gens que j’ai rencontrés étaient vraiment cool.

Petite jasette avec les deux frères-gérants. Un d’eux me dit que récolter les olives, c’est vraiment un boulot dur et chiant, et qu’il préfère récurer les chiottes! Il me conseille plusieurs fois de ne pas m’arrêter à Kalamata…lol! On verra bien.

À la fin du tronçon surligné en vert de la route que j’emprunte, c’est à dire quelques kilomètres avant Korinthos, je me mets à regretter sa monotonie…je suis maintenant dans une sorte de banlieue agitée et désagréable. En arrivant à Korinthos, c’est un peu plus supportable. En longeant la côte, miracle! Il y a même une piste cyclable. Enfin, 500 m cyclables, mais c’est l’intention qui compte.

Je continue à longer l’eau jusqu’à franchir le fameux canal de Corinthe. C’est bien impressionnant! Je tourne un peu dans le bled suivant pour retrouver un autre pont et reprendre la bonne direction: finalement, j’ai pas envie d’aller à Athènes.

En passant à travers une sorte de terrain vague/chantier désert, je tombe sur une passerelle tout aussi déserte, qui surplombe le canal en son milieu. Ouah, c’est un truc de fous, moi qui ai déjà les jetons en voyant une écluse vide…

Quelques kilomètres de tournage en rond dans ces kilomètres carrés inhospitaliers autour du canal, puis je me pose sur un banc à côté d’un petit parc à jeux pour une bonne pause bouffe…il est quand même presque 14h!

Alors que, fait peu commun, un chien errant aboie sur tout le monde sauf moi, je reprends la route, direction Epidavros. Caramba, on attaque une partie un peu plus sportive! Toute la journée, je n’ai eu aucune côte, il est temps de se rattraper.

Ça monte, ça monte, en s’éloignant un peu de la côte, c’est agréable…sauf que je suis doublé par ces gros fous du volant (pour ne pas dire putain d’abrutis!) de grecs malades. Tiens d’ailleurs, j’en ai pas encore causé, ici, les bords de routes sont peuplés de petits mausolées en l’honneur des morts. J’espère juste qu’ils se sont tués tout seuls!

Alors que je veux m’arrêter pour un petit pipi à ce qui me semble être un sommet local, je manque de me vautrer: argh, mon pneu avant est crevé. Démontage, réparation: le trou est quasiment au même endroit que la dernière fois. J’ai comme l’impression qu’après plus de 10000 km de bons et loyaux services, mon Schwalbe Marathon Extreme, monté lors de cette journée apocalyptique gaspésienne, vit ses derniers tours de roue.

Alors que je finis de regonfler, un mec du café près duquel je me suis arrêté vient jaser un peu. Habituels d’où-je-viens-où-je-vais, et il m’offre une bouteille d’eau quand je lui en demande: apparemment, l’eau du robinet est salée! Merci, je n’en demandais pas tant.

Il commence à se faire un peu tard, les fous roulent avec leurs lumières…il est temps de ne plus être leur victime potentielle. Je me trouve un petit chemin, puis une sorte de petit bois. Après avoir enlevé quelques caillasses, j’ai un spot à peu près décent pour planter Hubba. On entend la route, mais bon!

Je m’installe sous les dingdong relativement lointains des chèvres, et les aboiements des chiens qui les accompagnent.

Aujourd’hui, 127 km en 6h14, soit 20.3 de moyenne.

Demain, Épidaure!

Bonne soirée caprine!

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10 commentaires pour Jeudi 23 Décembre 2010: calme corinthien (Diakopto > Korfos)

  1. Cath dit :

    Je me demandais : il fait quelle profondeur le détroit de Corinthe ?
    Alors, j’ai demandé à Wiki…

    « Le canal mesure 6 343 m de longueur et 21 m de largeur. La tranchée atteint une profondeur maximale de 52 m. Il permet d’éviter aux navires de moins de 10 000 tonnes et 8 mètres de tirant d’eau un long détour de 400 km autour de la péninsule.
    Il est donc principalement utilisé aujourd’hui par des navires de touristes. Environ 11000 navires empruntent cette voie chaque année.
    Le canal a été creusé entre 1882 et 1893, à l’initiative de français.
    Dès le VIe siècle av. J.-C., on facilitait le passage des bateaux grâce à une voie dallée munie d’ornières de guidage, sur laquelle des chariots transportaient les bateaux. Le système appelé diolkos (en grec : δίολκος) est parfois considéré comme le premier transport guidé connu.
    La première tentative de construction d’un canal à cet endroit est attribuée à Néron en 67 »
    La suite sur Wikipedia (canal de Corinthe)!

    Joyeux Noël Rémi, et merci pour le feuilleton de tes aventures, on est toujours aussi accro… !

  2. nico dit :

    wouaaa souvnir souvnir… j’ai quasi la même photo du canal de Corinthe (peut-être prise sur un autre pont quand même), il a pas trop changé depuis … 1988 !
    Noyeux Joël, bro !
    biz

  3. Cath dit :

    je suis quand même un poil déçue que tu n’ailles pas jusqu’à Athènes…
    Ceci dit je comprends que tu aies envie de fuir les mégalopoles, à bicyclette.
    Mais tu aurais pu ajouter à ton tableau de chasse-photo Trekounet au pied des caryatides, ou du Parthénon !

  4. Phil dit :

    ch’pére: plutôt comme z’Hérode à gaine, écris otra, ç’est une ponctuation biquotidienne qu’on comprendra facilement… A ce jour, tu n’as pas à regretter de ne pas être resté pour faire du pain; c’est beaucoup moins intense que prévu, à cause de la météo qui influe pas mal sur la fréquentation. Et maintenir Noël le 25 décembre qui tombe un samedi cette année!!! Mais elle n’a pas d’idée, cette municipalité, elle mettait Noël lundi 27, c’était beaucoup mieux pour tout le monde, les commerçants les premiers…
    Comme je n’ai pas trop la forme pour le pain et assurer dans le froid l’après-midi, je ne vais pas battre le record… Si tu vois des fours à pain: clic, une photo. Si tu regardes St-Q tv du net du lundi 20, tu vois le village de Noël mieux que si tu y étais, avec un fada qui parle du pain… Si je refais le truc, je ferai un tour à bois à perche ou à pédale pour m’occuper pendant que ça chauffe et ça cuit, vu que l’activité de vente n’est pas trop prenante. Là, je remmanche des outils, je fais des copeaux au rabot, ziii,ziii… C’est joli les copeaux.

    • zboud dit :

      Ahah! Merci…Et pourquoi pas faire des cordes et/ou des paniers?

      • Jmi dit :

        Ouaii on l’a vue la star TV du pain, trop fort, les grecs en prennent pour leur grade mais va pas le raconter, ils ont laissé passé le moyen de combler leur déficit….
        Bref un peu de nostalgie quand même…. Ah Saint Quentin et le marché de Noël….

      • zboud dit :

        Ouai, sous la neige en plus..*soupir*

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