Mercredi 5 Janvier 2011: bonne étoile (Kyllini > Argostoli)

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Aujourd’hui était mon jour de chance. Ou un juste retour d’ascenseur, au choix…on va y revenir!

Je me lève un peu avant 6h, histoire d’être à l’heure pour le bateau. Tout roule, j’achète mon ticket à la fille qui m’a renseigné hier. Elle dort là ou quoi?! 7h-17h, c’est quand même pas mal comme journée…

Il fait beau et doux, le ciel est dégagé, et la mer, calme. Je me trouve un coin avec plein de prises de courant, histoire de profiter du voyage pour faire le plein de mAh. Tout charge: tablette, batterie annexe, batteries d’appareil photo, téléphone. J’amortis les 10 euros payés pour l’heure et demie de traversée! Ou pas.

J’assiste au joli lever de soleil juste avant le départ…ça me rappelle un peu les îles de la Madeleine. La traversée est calme, je pionce en écoutant d’une oreille la télé grecque qui est en face de moi.

On arrive! Quelques photos, et hop hop, branle-bas de combat, on ramasse vite tous les chargeurs et on file retrouver Trekounet.

Ah, une nouvelle île! Je quitte le port plein d’entrain. Et il en faut: bizarrement, quand on prend le bateau, on est toujours au niveau de la mer. Donc dès qu’on accoste, ça monte forcément.

J’ai eu un peu de mal à me décider sur l’itinéraire à suivre sur l’île. Mais finalement, c’est vers la petite ville de Sami que je me dirige. Entre Poros et Sami, il y a environ 24 km et un petit col à environ 500 m, à l’aise.

La montée est assez intense, avec des passages assez raides. Mais la route est bien agréable, peu passante, tournicotante, avec pas trop trop de cailloux dans le paysage. Bref, j’en chie un peu, mais c’est plaisant! Évidemment, je suis à mille lieues d’imaginer quel drame est en train de se jouer pendant ce temps.

Vers le haut, un gros pick-up s’arrête à côté de moi alors que je jette mes poubelles dans le container. (Malin, monter ses ordures en haut de la montagne, hein?) Le conducteur, classe, la caisse, propre et puissante. Le mec me tend sa carte. Alors que je pense avoir affaire à un bon samaritain, il me dit en gros que si je cherche un endroit où crêcher à Sami, il loue des studios.

(Instant « haine du monde ») Là je pense intérieurement « ouai c’est ça, j’ai une tronche à louer un studio, pour que tu puisses payer le gaz pour ton moteur 3.0 L, et tes clopes? » (Fin de l’instant « haine du monde ») Bref, je le remercie et trace ma route, en pensant que si les loueurs sont prêts à faire faire demi-tour à le grosse bagnole pour chasser un client, l’hiver touristique doit être sacrément rude sur cet île.

La descente a son lot de lignes droites et de grandes courbes, hop, on bourre. Comme disent Marcel Et Son Orchestre: « baisse la tête! »

En arrivant à Sami, petit saut à la poste pour acheter quelques timbres, puis je m’arrête à un café internet, qui revendique le wifi sur son enseigne. Et là, c’est le drame: impossible de trouver mon Archos. Je vérifie et revérifie les sacs que je trimballais sur le bateau, rien à faire, il n’est pas là. Putain, le con, je l’ai paumé, ça y est.

Panique à bord. Qu’est-ce que j’en ai fait?! Je l’avais mis en charge pendant la traversée…j’en viens rapidement à la conclusion que je l’ai laissé à bord. En gros stress, je m’engueule tout fort, tout seul dans la rue. Les autochtones ont certainement pensé un truc du genre « ils sont fous ces (cyclo)touristes ».

Bon. Que faire?! Il me faut 1h30 environ pour retourner là-bas, c’est peine perdue. Je file vers une cabine téléphonique, dégaine ma FACE card et le numéro du bureau de Ionian Ferries à Poros. Ouf, la dame parle anglais. Je lui raconte mon problème d’un ton relativement paniqué. Elle me dit que le bateau est encore à quai. Ouf, me dis-je, il doit partir à midi, probablement.

Je lui explique que je suis à vélo et qu’il me faut un bout de temps pour revenir au port. Je lui demande donc si elle peut aller voir si mon Précieux est encore là où je l’ai laissé, en lui expliquant bien où je pense l’avoir oublié. Ouf, elle veut bien…et me dis de rappeler dans quelques minutes.

Probablement les plus longues minutes depuis le 27 Août 2010, malgré les bons ersatz de Prince, version Carrefour à 1 euro les 330 g, que je m’enfile. Je rappelle: personne ne décroche. J’attends et recommence: pareil…

La troisième fois est la bonne: mon interlocutrice est de retour. Et…elle a trouvé mon Archos. Ah putain. Pfiouuuuuu. Euphorie. Je dis même « yassas » à une random vieille venue utiliser la cabine de téléphone.

Bon. Faut donc que je retourne à Poros. Je passe par le bureau d’infos sur les ferries avant de rebrousser chemin: il y a un ferry par jour vers Ithaki, au moins un ferry par jour faisant Ithaki-Patra (départ à 7h!), et un par jour faisant Patra-Brindisi, départ 16h30, arrivée 7h. (Désolé, j’en profite pour me rafraîchir la mémoire!) Dans les prochains jours, il y aura donc au moins une autre journée Kefallonia, une journée Ithaki, et une journée bateau.

Moi qui déteste les U-turns, me voilà servi. Paye tes 24 km et 500 m de dénivelé en bonus! Enfin, je suis pas mécontent quand même, ayant la perspective de retrouver mon Précieux au bout. Je profite de la montée pour vous prendre quelques photos que j’avais eu la flemme de prendre à l’aller. Remarque: le trafic est quasi-nul, j’ai vu genre 5 véhicules entre Sami et Poros!

Une heure et demie de montée-descente plus tard, je suis en vue du kiosque Ionian Ferries du port de Poros. La madame, me voyant arriver, me tend le merveilleux appareil dès que j’approche. Plus que content, je lui dis qu’elle me sauve la vie, et lui demande si elle veut me donner son adresse pour que je lui envoie une carte postale. Elle décline l’offre, mais je ne lui en veux pas pour autant! MERCI MADAME!

Petite pensée: sachant que j’ai toujours rendu à leurs propriétaires les appareils électroniques perdus que j’ai trouvés, je suis bien content que personne n’ait gardé ma tablette pour soi…enfin, c’est certainement que personne ne l’avait vue. Anyway.

Après avoir couvert mon Archos de bisous, je reprends la route, pour m’arrêter au bord de la mer quelques kilomètres plus loin pour une petite pause bouffe.

Je roule maintenant vers Skala. Le littoral est un peu bétonné, mais la route est néanmoins plaisante. Niveau trafic, les grosses BMW immatriculées en Angleterre contrastent pas mal avec les troupeaux de moutons.

La mer est superbe, une petite brise m’aide un peu, la route monte et descend un peu, le ciel est bleu…tout ça n’est pas dégueu! Par contre, quelques kilomètres avant Argostoli, j’ai un peu l’impression de traverser un loooong village, assez chiant. Mais les conditions restent bien favorables!

Un peu avant 17h, ravitaillement en diverses denrées…puis j’arrive à Argostoli, ou plutôt, j’évite le bled, et me trouve un petit coin assez peinard pour passer la nuit. Bon, c’est pas super ragoûtant: en plus de la jolie vue sur la baie, j’ai vue sur un gros tas de vieux pneus, et divers encombrants traînent sur le terrain vague qui est mon territoire de ce soir. Mais j’en avais marre de rouler, et ici je suis invisible de la route et plutôt au calme…alors je me plains de rien.

Aujourd’hui, 103 km en 5h19, soit 19.3 de moyenne. Avec quand même 1600 m de dénivelé!

Demain, on continue le tour de l’île.

Bonne soirée en caoutchouc!

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9 commentaires pour Mercredi 5 Janvier 2011: bonne étoile (Kyllini > Argostoli)

  1. bouderlique dit :

    Eh ben, que de péripéties et de stress. Vraiment sympa la dame qui t’a récupéré ton archos. T’aurais pu lui offrir un bouquet. Bonne route (plus calme).

  2. Cath dit :

    J’ai retiré le four de la place et je l’ai mis en Thiérache chez quelqu’une à qui je dois en faire un… En attendant, restructuration: je vais faire le pain où je me fournis en farine, je gagne une case.
    Pour noircir une tonne de pâte à pneus, il faut 800g de noir de carbone en poudre; faut pas en sniffer, t’es marqué pour la vie! pour faire du verre teinté, quelques cuillers de pigments dans la marmite géante de verre flotté… Pour dire que dans une décharge, on peut remonter l’histoire du génie technologique en cas d’insomnie…
    L’angoisse Archos!!!! A prévoir le check-list recharge… Le Vague hôtel, ça change de l’hôtel des oliviers auquel tu crèches souvent…
    Si je n’ m’abuse, c’est calcaire tout ce fatras de montagne… c’était comment au temps des bâtisseurs des infrastructures pas encore touristiques? Des forêts, des cultures, des vergers…

  3. Cath dit :

    Tu te doutes bien que c’est le Fazeur qui a retiré le four de la place, pas moi.

    Rappelle-nous ce qu’il sait faire, ton Archos chéri ?
    Que d’émotions !

  4. Julien dit :

    Alors là t’as été chanceux! Je dirais même le cul bordé de nouilles!

  5. Ping : Anonyme

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