Mardi 11 Janvier 2011: le jour où j’ai fait brûler mon réchaud (Genosa Marina > Senise)

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Ouai. Vous avez bien lu. J’ai cramé mon beau réchaud MSR Whisperlite Internationale à 80 dollars, qui était trop bien.

La journée a donc TRÈS mal commencé. Je vous raconte le drame en détails, de toutes façons le reste de la journée est pas intéressant à côté de ce fâcheux événement.

Comme d’habitude, comme tous les matins, je mets l’eau du thé à chauffer pendant que je m’en vais « évacuer », comme dirait Sheldon Cooper (oui, je suis réglé comme une horloge comtoise). Pendant ce temps, la brave flamme chauffe donc, sans surveillance…ce qui n’avait jusqu’à présent posé aucun problème.

En revenant de ma petite comission, m’apprêtant à déguster un bon petit thé, j’aperçois une flamme jaune du côté du réchaud. « Hum, bizarre…probablement une herbe sèche qui était trop près de la flamme », me dis-je: normalement, derrière le réflécteur, on ne voit pas la flamme, qui de toutes façons est bleue.

En m’approchant prestement des lieux du drame, je constate que c’est la pompe à carburant qui brûle. Oh putain. Panique à bord. Vite, agir. Réflexe à la con: écraser l’incendie avec le pied, ce qui ne provoque que le renversement de mon eau presque chaude. Raté.

Deuxième réflexe à la con: prendre la bouteille de caburant (aux trois quarts pleine de benzin: si elle pète, bonjour les dégâts) dans la main. (Le bout brûle toujours, bien sûr!) Troisième réflexe, moins stupide: fermer le robinet de carburant. Quatrième réflexe à la con: essayer de souffler la flamme, avec la bouche ou en secouant le tout.

Cinquième réflexe: poser l’incendie par terre et l’éteindre en l’étouffant avec de la terre sablonneuse. Ouf, ça y est, c’est éteint. J’ai encore mes deux mains, aucune brûlure, mes yeux toujours aussi merdiques, mon ouïe, mon visage. À part une petite flaque de carburant à l’endroit où était le réchaud, plus rien ne brûle. Et j’ai de l’adrénaline pour des jours et des jours.

Putain, le stress. Très probablement le plus intense du voyage, la perte de l’Archos est battue. Ce soir, je le sens encore un peu. Parce qu’au stress de l’action s’ajoute celui de la situation: pas de thé ce matin, et surtout, plus de réchaud alors que je ne croise a priori pas de grosse ville avant un moment. Bref, la loose, je me vois déjà manger froid tous les soirs.

Je roule jusqu’au prochain bled, Bernalda. Je trouve là un petit magasin de bricolage…qui a deux réchauds de camping en stock. Ouf, sauvé. Me voilà donc l’heureux possesseur d’un réchaud à cartouches de butane de 190 grammes, vous savez, ces trucs dangereux et pas pratiques. Il est lourd et encombrant, mais a le mérite de faire chauffer l’eau…et à moi l’allumage instantané piézo-électrique!

À Bernalda, j’entre aussi dans un des magasins les plus bizarres que j’aie jamais vus. Une enseigne dit « magasin de vélos », mais en entrant, je vois des jouets, des berceaux, des trucs de puériculture. Bref, je crois m’être trompé de magasin, je ressors et re-regarde l’enseigne, genre « ‘tain, je sais pas lire ou quoi?! ». La vendeuse sort alors et me demande ce que je veux, pendant que deux mecs me disent en italien que oui, oui, c’est bien le magasin que je cherche.

On entre dans le magasin, et en effet, lorsque les lumières s’allument dans le fond, se dévoilent un tas de vélos et accessoires. Trop fort! Après le vélociste-vendeur de tronçonneuses de Pirgos, la vélociste-puéricultrice. Bref, je ressors avec un tube à la bonne taille pour Trekounet.

Je cherche ensuite un hôtel pour me connecter. Le seul que je trouve veut me vendre 5 euros les 3 heures d’accès, alors que j’ai besoin de 15 minutes: non merci. Hop, on the road again!

J’emprunte une petite route sur laquelle la nature semble reprendre ses droits: elle est en mauvais état, de l’herbe l’envahit parfois. Marrant…et surtout, elle est très peu fréquentée: en 13 km, le seul véhicule que j’ai vu est un tracteur. Et encore, il était dans un champ.

Le paysage est assez bizarre. On dirait un peu une grosse dune solidifiée dans laquelle les rivières et ruisseaux ont creusé des tranchées. Parfois désertique…en fait il me fait un peu peur, mais faut pas oublier les événements de ce matin. Je pense pas être très impressionnable, mais quand même.

Ce qui est cool, c’est que la monotonie des derniers jours est brisée. Pour le meilleur ou le pire…parce que oui, apparemment, on est dans un pays de pétrole: centrale thermique et usines chimiques à un endroit, pipe-line que je croise un peu tout au long de la journée.

Je m’arrête pour manger sur un banc de jardin d’enfants dans un petit bled, sous le soleil qui a enfin chassé la grisaille, que je me suis payée une bonne partie de la matinée. Devant un bar, cinq mecs fument en me fixant. Échange de signes de la main.

En repartant, je me trompe de chemin, en suivant un panneau qui me disait d’aller par là, alors que moi je voulais prendre une autre route pour y aller. Je vous expliquerai un jour, j’ai eu ma dose de détails pour cet article.

Je suis maintenant une grosse route, mais pas trop passante. Les viaducs sont appréciables, je survole des petites vallées. Un passage est surligné en vert sur ma carte, et en effet, il est sympathique…malgré la pluie, qui est maintenant de la partie. D’ailleurs, quelques kilomètres plus loin, alors que je songe déjà à m’arrêter, tant les nuages noirs obscurcissent l’atmosphère, il se met à pleuvoir, mais bien: une bonne drache, quoi.

Je fuis alors vers le premier abri campable venu, en espérant pouvoir y passer la nuit: une sorte de kiosque pas fini dans un chantier pas commencé, derrière des palissades délimitant le chantier, qui sont apparemment toujours ouvertes.

Trois mecs semblent être du chantier: l’un d’eux à la clé du préfabriqué installé là. Je demande plus ou moins clairement si je peux camper là: pas de problème. « Gras d’sieh! »

Les seuls problèmes, c’est que c’est tout près d’une route (très) fréquentée, et pas discret. Mais bon, je m’en fous…j’ai des boules quiès et un opinel. Reste à espérer que cette journée ne se terminera pas aussi bien qu’elle n’a commencé!

Aujourd’hui, 111 km en 5h16, soit 20.9 de moyenne.

Demain, on tente de rejoindre le dessus du pied italien!

Bonne soirée avec les autos…

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2 commentaires pour Mardi 11 Janvier 2011: le jour où j’ai fait brûler mon réchaud (Genosa Marina > Senise)

  1. Cath dit :

    Tu nous fais des frayeurs a posteriori, tu aurais pu y laisser une main, un oeil, ou autre chose ! ou passer pour un kamikaze…Ah la la Rémi, OUF tu es encore entier.
    Mais je ne comprends pas bien comment la pompe à carburant a pu s’enflammer.
    En attendant de nous expliquer, tu pourrais en faire part au fabricant !

    • zboud dit :

      Le joint usé a laissé du carburant couler le long du tuyau…jusqu’à atteindre la flamme, puis vlouf, c’est parti! Ce qui est stupide c’est que la pompe soit en plastoc…

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