Dimanche 23 Janvier 2011: de Montréal à Monreale (Monbello > Palermo)

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Article dédié à l’ami dont S. a appris la mort hier soir. Apparemment percuté à moto par uno cretino, il n’a pas survécu. Rest in peace…

Ce matin, l’ambiance n’est donc pas à la fête. Je ne sais pas quoi faire/dire dans ces cas-là, alors je déjeûne silencieusement dans mon coin. Je demande à S. s’il préférerait que je le laisse seul. Mais non, il a la positive attitude, et est motivé pour qu’on monte à pieds une petite montagne. Va bene, il me prête des chaussures!

C’est du 48, mais ça sera quand même bien plus confortable que mes semelles rigides pour aller crapahuter sur les rochers. Petit malentendu: S. voulait en fait aller courir, alors que je pensais marcher! Je ne peux pas courir sans risquer que ma tendinite chronique ne revienne à grands pas. Finalement, nous voilà donc en marche rapide, puis en improvisation escalade en coupant à travers les rochers, telles des chèvres du Péloponnèse.

Sous le soleil de la matinée, c’est bien agréable! Après une petite heure de grimpette, on redescend par un petit sentier. Merci S. pour cette sympathique balade!

En rentrant, je me change et…on the road again, en espérant ne rien oublier! Je me dirige vers Monreale, un bled en banlieue de Palermo, et un peu plus haut dans la montagne.

…Ou du moins, je me trompe de route, puis je prends la direction de Monreale. Sur le chemin, je me trouve un supermercato aperto la domenica. C’est parti pour une ravitaillement en confiture de fraises, crème de marrons, riz, thon, pâtes, sauce tomate. Au moment de passer à la caisse, tin, ya des files monstres de partout. Pas le choix, je me pose et fais la queue.

Et là, ouah, je sais pas ce qu’il s’est passé, franchement. Le papi de devant moi essaye de me causer, je lache mon « no parlo italiano », mais rien n’y fait. Je finis par comprendre qu’il me dit de passer devant, parce que ce que j’ai à payer ça tient juste dans mes petites mains, alors que les autres gens de la file ont des chariots qui débordent. Je dis que non, pas de problème, je peux attendre.

Quelques secondes plus tard, alors que je pense l’affaire enterrée, il revient à la charge. Sauf que cette fois, toute la file me regarde, et attend que je passe devant. Ptin, en écrivant ça j’ai la larme à l’oeil! Le papi est allé demandé aux 3-5 groupes devant si je pouvais passer devant eux. Trop cool le mec.

Bref, j’avance devant les quelques personnes et leurs caddies débordant, les joues brûlantes de rougissement, en baragouinant un « grazie mille ». La preuve par l’expérience que des fois, les gens sont pas cons. M’enfin franchement, je savais plus où me foutre, moi.

Dans le même magasin, alors que je transvase mes confitures dans les pots en plastique, je jase avec un gars qui a le tas de questions classiques à propos de mon voyage. (Dobé vienne, dobé vaille, combieni di kilometri, e per giorno, e solo, e sempre a bici, etc etc.) Il me félicite…grazie, mais I’m just riding my bike!

En reprenant la route, il pleut: comme la météo l’avait dit, cet après-midi sera moins agréable que la matinée. À travers tours et détours, je finis par trouver la bonne route, qui monte vers Monreale. Ah, une côte avec les imper, ça faisait longtemps!

Je prends mon temps pour monter, et finis par arriver sur le parvis de la cathédrale, où je rencontre des petits vieux allemands qui sont en croisière. En fait, je réalise, lorsque je mange à l’abri sur le pas de porte de la poste, que la ville
est infestée de tout un tas de touristes. Fuyons! Je me suis arrêté tard, et reprends la route seulement vers 15h30, encore sous la pluie.

Je continue à monter, jusque San Martino della Scale. Malgré cette grisaille, la vue sur Palerme, et sur la vallée, est bien appréciable! Mais je suis bien content d’arriver au col: j’angoisse un peu de devoir rouler de nuit.

Ça n’arrivera finalement pas: la descente vers Palerme, très agréable, est aussi rapide. Je suis assez rapidement de retour dans la grosse ville, qui a des accents américains parfois: je descends une route large et droite sur plusieurs kilomètres. Et sur l’horizon, à gauche, un bout d’arc-en-ciel tombe sur le Monte Pellegrino. C’est bien joli! J’escalade la barrière du terrain militaire pour prendre une photo sur laquelle on ne voit en fait rien du tout.

Petit tour dans le centre-ville, qui semble bien sympathique…puis je file vers mon épicerie aux panettone à 1€50. Évidemment, c’est fermé! Donc, direction le port pour s’enregistrer et éventuellement embarquer en avance pour être peinard dans le bateau.

Au check-in, j’apprends qu’en fait, il faut être là à 21h pour s’enregistrer, 23h pour embarquer (heure approximative à laquelle le bateau sera à quai), et qu’on peut monter à bord vers minuit-1h. On n’est pas couchés!

Bon. Comme j’en ai marre de rouler à droite à gauche, je commence par me changer dans les toilettes du port…ça fait du bien de retrouver un caleçon. En sortant des chiottes, je rencontre un jockey qui part en Suède avec son cheval pour une course, en prenant l’avion à Milano. Truc de ouf.

Ah tiens, le voilà, le gros bateau de touristes! Impressionnant. Je demande à tout hasard si je ne peux pas monter à bord pour jeter un oeil…évidemment non.

À côté, il y a une sorte de gare maritime, que je n’avais pas repéré plus tôt. Le voilà, mon endroit peinard où me poser pour attendre mon rafiot. Enfin, d’ici 23h, je vais peut être aller boire un coup quelque part, quand même.

Ah, super, aucune  prise de courant n’est à la disposition du public. Sympa. Mais en même temps, pas grave, mes affaires sont chargées, et j’aurai l’occasion de les recharger au cours des heures de traversées à venir.

Me voilà donc à vous raconter cette journée palpitante depuis un banc peu confortable, mais au chaud et au sec. Dans quelques heures, je devrais être en train de dormir sur un bateau, direction Civitavecchia. Vous vous souvenez? J’y suis passé, un peu avant Rome. Une prison, deux centrales thermiques, mais un centre-ville pas si pire, c’est ce que j’avais retenu…on verra bien demain.

Sur les deux derniers jours, j’ai passé 4h22 à 18 de moyenne sur Trekounet, soit 79 km.

Ah, et ce soir, c’est pâtes-oeufs durs-bouillon kub. (Déjeûner, entrée et desserts sont invariables. Et le midi, cf il y a deux jours.)

Bonne soirée d’attente!

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