Jeudi 27 Janvier 2011: apocalypse sarde (Arbus > Donigala Fenughedu)

Ouai, aujourd’hui, comme prévu, ça a bien brassé. Du vent, de la pluie, comme il faut. Enfin ça aurait pu être pire, bien sûr (ça peut toujours l’être!), mais j’ai quand même pas pris de photo, étant occupé à rester sur le vélo, gérer les imperméables et préserver mon appareil photo des intempéries. Vous m’en voyez désolé.

Cette nuit, je suis réveillé par une porte et un volet qui claquent, à cause du vent qui s’est levé: atelier de calage de bazar, pour mieux se recoucher quelques minutes après.

Sachant que la journée à venir ne va pas être la plus climatiquement agréable de mon voyage, je fais la grasse mat’, et profite un peu de mon refuge sec. Finalement, je suis sur la route un peu avant 10h…tous les imperméables sont de sortie, bien sûr. Il ne pleut pas trop fort, mais vue la grisaille continue qui couvre le paysage, c’est pas près de s’arrêter!

Je traverse Arbus, bourg bien pentu, sous les yeux médusés des passants, tous en grosse parka et équipés de parapluies. Ah, ça monte bien, avec les imperméables, comme d’hab, j’adore.

Je roule vers Montevecchio. Sur le chemin, je me rends compte que le pneu avant de ma monture, que j’ai gonflé avant de partir, est tout mou. Super, une crevaison, avec plein de vent et de pluie, et pas d’abri avant quelques kilomètres. J’adore!

Ça se dégonfle pas vite: je peux donc rouler jusqu’au village, où un abribus providentiel me permet de réparer sans être trop gêné. J’en profite aussi pour retendre les freins, qui en avaient un peu besoin. C’est bon, tout marche, je suis bien refroidi, il est temps de se réchauffer…on the road again!

La route est jolie, mais serait certainement plus agréable sous une météo plus clémente. Dans un cadre assez majestueux, avec la mer tout au fond, des monts verts et quelques arbres, j’expérimente, si je ne les connaissais pas, toutes les intensités et directions de vent possibles et imaginables.

Enfin, je dis ça, mais la plupart du temps, c’est des bonnes grosses rafales. Au détour des virages de cette sympathique route, je me vois propulsé tel un voilier ayant sorti le spi, déporté de plusieurs mètres comme une pauvre feuille, freiné comme avec un parachute, voire stoppé net comme une voiture tuning dans un mur. Hop, on s’accroche au guidon, et tout devrait bien se passer.

Je pensais m’arrêter pour manger dans un petit bled appelé San Antonio di Santadi, mais finalement, j’ai pas trouvé d’endroit cool (c’est-à-dire abrité), et de toutes façons, j’avais pas assez faim.

J’ai donc continué, toujours sous la pluie, tantôt assez fine et clairsemée, tantôt bien plus dense, mais quoi qu’il arrive, toujours bien là. Je me trompe de chemin…mais heureusement, m’en rends compte rapidement. La faute au non-fléchage d’une sorte de digue sur laquelle la circulation est sensée être interdite…

Je traverse ensuite une sorte de bout de campagne à l’américaine, en miniature: routes toutes droites, numérotées, et étiquetées « ouest » et « est ». Avec dans ce décor une ferme tous les kilomètres, ou un truc rythmé du genre.

Dans ce décor assez rigolo à voir sur la carte, je m’arrête au bourg local, Arborea, pour ravitailler en pain et manger. Je m’abrite dans la galerie marchande du coin, fermée à cette heure. Ah, un peu de chaud et de sec, c’est assez appréciable, vous en conviendrez.

En reprenant la route, je pense faire ma BA en empruntant une piste cyclable délabrée longeant la route, plutôt que la voie automobiles…bien mal m’en a pris, puisque finalement, j’ai fait une boucle de 10 km pour rien.

Enfin, c’était quand même cool: je suis arrivé dans une sorte de petite zone balnéaire, évidemment complètement déserte. Comme elle était un peu isolée (relativement loin de la grand-route), et comme le temps est au mauvais fixe, l’atmosphère est assez post-apocalyptique, je trippe.

Réflexion personnelle: si le côté « propulsion musculaire » du vélo et sa simplicité mécanique en font un moyen de transport peut-être prisé dans un monde post-apocalyptique, les longs voyages comme celui-ci seraient probablement difficiles. D’abord, il faut de la bouffe: sans boulangeries, tout s’effondre. (Élément de solution: des poules sur le vélo, une remorque-jardin?) Et puis voyager seul dans un tel monde, à moins d’être un Neige ou un Y, serait très probablement suicidaire. Bref.

Continuant sur ces routes toutes droites, j’arrive à Oristano, petite ville assez sympathique, avec une jolie tour collée à la cathédrale. Ravitaillement en eau, puis je sors de l’agglomération, espérant me trouver une ruine telle celle dans laquelle j’ai passé la nuit dernière.

En tous cas, il y a ici des oliveraies accessibles: si jamais je ne trouve pas d’endroit sec, j’ai l’embarras du choix pour un spot « roue de secours » humide!

Après plusieurs faux espoirs, je trouve une vraie ruine. Mon sang ne fait qu’un tour en la voyant! Apparemment, une partie est utilisée de temps en temps comme grange/étable pour des chèvres ou des moutons, mais il n’y a pas de crottes fraîches: je ne devrais pas déranger ni être déranger. Surtout que je me suis installé dans une autre partie de la bâtisse, qui m’a semblé plus sèche, mais qui souffre par contre de l’intrusion fréquentes de rafales de vent. Boarf, on a vu pire!

Par contre, le ménage a pas été fait depuis un moment, il y a une sacrée couche de poussière par terre. Il y a aussi un bruit bizarre qui vient de je-ne-sais-où. Je ne sais pas trop ce que c’est, une sorte de râle/respiration irrégulier, j’espère que je ne me ferai pas manger par un monstre cette nuit!

Aujourd’hui, 5h06 de pluie à 19.1 de moyenne, soit 98 km, quand même.

Demain, on prend les mêmes et on recommence…à moins que la météo ne se soit trompée?

Bonne soirée avec bruit bizarre…

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4 commentaires pour Jeudi 27 Janvier 2011: apocalypse sarde (Arbus > Donigala Fenughedu)

  1. Cath dit :

    Pas mal le passage sur le voilier et son spi, la pauvre feuille, le parachute et le tuning !
    Si imagé, qu’on n’a plus besoin de photo, ni même de film !!
    Ceci dit, je vois que ce fut du sport.
    Euh pardon, du Sport.

  2. Alain dit :

    Dicton de marin: « Après le grain, il y a toujours le beau temps » ou alors « Après manger , il fait toujours meilleur » ou encore « Non de dieu, qu’est ce qu’on serait mieux au coin du feu » :))))
    Bonne continuation ,
    Tonton

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