Dimanche 30 Janvier 2011: Mère Nature n’est pas plombière (Castelsardo > SS127 km 56)

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Une belle journée de route! La putain de pluie semble coller à la Sardaigne, le robinet fuit, j’en sais rien. Enfin comme je vais le raconter, ça n’avait rien à voir avec les trois derniers jours.

Allez hop, les stats pour commencer: 136 km à 20.1 de moyenne, soit 6h44 en selle. Une journée longue comme ça, c’est que je me suis levé relativement tôt. Pas de propriétaire de maison venu me réveiller, la seule angoisse de la nuit était la météo: le vent, de plus en plus fort, poussait la pluie de plus en plus près de la tente…et tout s’est mis à goutter un peu partout sur la terrasse. Enfin je m’en suis bien tiré.

Quatre kilomètres après avoir pris la route, c’est le drame…un truc attire mon attention: l’horrible bruit d’un maillon de chaîne frottant sur les dérailleurs. « Putain de merde », comme dirait l’autre.

Ayant peur de raccourcir encore la chaîne, à qui j’ai déjà enlevé trois paires de maillons, je mets juste un coup de dérive-chaîne pour redresser le maillon faible. Encore plus qu’avant, je reprends la route en flippant un peu, et surtout avec une directive de conduite primordiale: ne pas appuyer sur les pédales!

« Mais comment on avance, dans ce cas?! » Vous entends-je dire d’ici? (Ou en tous cas aimerais-je vous entendre dire, d’une part parce que j’aimerais vous entendre tout court, d’autre part, parce que je me doute bien que plein de monde se fout de ces considérations mécaniques.)

Bin en gros, on reste le plus possible sur des petites vitesses, et on tourne vite les jambes, au lieu d’appuyer fort sur un braquet plus long. Et pour partir, on pousse fort le sol avec la jambe gauche. Une habitude à prendre. Autant dire que les pentes au dessus de 7%, on oublie. Imaginez, c’est comme si vous deviez pousser votre auto pour démarrer, et ensuite n’utiliser le moteur qu’entre 4000 et 6000 tours/minute.

Heureusement, météorologiquement, pour l’instant tout va bien. Une petite brise me pousse, le soleil commence péniblement à chauffer, pas de pluie à l’horizon. Allez, on mouline, le littoral est joli, heureusement il n’y a pas de pente trop raide, dans 70 km on est à Santa Teresa.

Ah, tiens, un arc-en-ciel! Hum…mais il ne pleut pas?! Ou pas encore…quelques minutes plus tard, bime. Quand je commence à me faire mouiller, je m’arrête et sors les imperméables, jurant contre ce putain de climat sarde hivernal de merde. Cinq minutes plus tard, il ne pleut plus. Mère Nature veut me rendre fou.

Cette situation va se répéter maintes et maintes fois dans la journée…mais je ne me ferai pas avoir à sortir les imper pour rien à chaque fois. Pas si con, le mec.

J’atteins finalement mon objectif de mi-journée, Santa Teresa di Gallura, un peu avant midi. Bien sûr, pas de panetteria domenica aperto, une fois de plus, ce sera du pain de supermarché pas bon.

Je profite d’un bon gros rayon de soleil pour dévorer mes sardines, en me dorant la pilule sur un banc public. Ah, ça fait du bien!

Je reprends ensuite la route, qui monte vers Témpio Pausánia. Apparemment, les chasseurs d’ici sont tenaces: leurs traques durent jusqu’à la fin de l’après-midi. De véritables hordes, avec chacun leur quatre-roues, leur gilet orange, leur molosse. Ils se lancent de grands « oh! » et autres cris, pour ne pas se flinguer entre eux, ou pour repérer la route et ne pas tuer trop d’humains, je sais pas.

C’est quand même un joli faux-plat, une quarantaine de bornes sinueuses de tournage de jambes, dans une vallée bien verte, ayant certainement apprécié les grosses pluies des 72 dernières heures. Et appréciant probablement aussi les gouttes qui tombent ENCORE et les nuages qui vont avec. Finalement, j’atteins Tempio, qui est sur un plateau, à à-peu-près 500 m d’altitude, vers 16h.

Pompiste, le plein d’eau, s’il vous plaît, pendant que je mange une banane et un peu de chocolat…hypoglycémie de fin de côte! Pourtant, j’ai super bien bouffé ce midi, je comprends pas.

Je redescends ensuite, me redirigeant vers Sassari, la « grosse ville » la plus proche de Porto Torres. La descente est bien fraîche, et j’ai encore droit à plein de fucking gouttes froides. Allez, imperméables, gros gants, et vroum, il n’y a que les lâches qui freinent.

Remarque: apparemment, la chaîne tient le coup. N’empêche que demain, je vais peut-être acheter une transmission de rechange…

J’avais repéré sur la carte un de ces bâtiments de la DDE italienne (ANAS, je sais pas ce que ça veut dire, bière à qui me le dit), un peu plus bas dans la descente. Et j’ai du bol: en général ils sont accessibles et tout murés…mais celui-ci a quelques pièces accessibles. Bon, c’est assez crado, mais sec, ça fera l’affaire.

Me voilà donc dans la canteneria (?) du kilomètre 56 de la SS127. Il fait un peu frais, mais rien que je ne puisse supporter.

Demain, Sassari, et probablement une petite boucle pour ne pas trop s’éloigner de Porto Torres.

Bonne soirée ANAS!

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16 commentaires pour Dimanche 30 Janvier 2011: Mère Nature n’est pas plombière (Castelsardo > SS127 km 56)

  1. S. dit :

    Hey mec!

    Alors d’une OUI on te lit souvent^^ tu nous entends pas pourtant des fois qu’est ce qu’on braille (enfin pas forcément à cause de ton blog tu m’idras…)

    et de deux, non on ne se fout pas de tes ennuis mécaniques vu que comme t’es not’ copain; bah on flippe probablement autant que toi de toutes les ptites bourdes qui t’arrivent sur la route…..et en plus j’apprends pleins de trucs sur ces drôles d’engins que je connais si peu : les vélos …. Oo

    bon courage à toi en tout cas et reviens nous vite qu’on aille au hellfest ensemble! ^^

    « N’oubliez pas…le vie est une fête! »

    ET MERCI POUR LA ZOULIE CARTE POSTALE DE L ETNA (qui n est en fait qu’un gros trou qui fume – roxor la légende sur la carte ^^)

  2. fab dit :

    salut Rémi,

    ici la Rochelle.
    merci pour la vue de l’etna fumant que le facteur a envers et contre tout réussi à déposer dans notre BAL.
    Je vois que les aventures sont sans fin. Est-ce que tu continues à pédaler en France en passant par l’ouest, ou bien as-tu choisi l’option tgv?

    bisous océaniques – t’en a bien besoin après cette overdose de méditerranée

  3. fa dit :

    En tous cas, Mère Nature t’a préparé de bien jolis nuages que tu as su immortaliser…
    On dirait qu’il n’y a personne en Sardaigne?

  4. Mimi Menu-Bock dit :

    Salut Rémi,
    Merci pour les bons biscuits au chocolat ! Ils m´attendaient sous le sapin à Amiens !
    « M´enfin ! » c´est quoi ce temps pourri sarde ! J´ai pourtant des souvenirs ensoleillés dans cette île, mais c´était en mars, il y a longtemps… il y avait des chiens sauvages, pas méchants, mais « collants ! », c´était peut-être ca qui râlait l´autre jour près de ton campement ! Et puis encore un souvenir sympa sur le joli marché ensoleillé (scuse-me !) d´Alghero, très belle ville ancienne…
    Nouvelles de famille : demain c´est le 01.02 et ton petit cousin a 8 ans !
    Ca « patisse » dur !!!
    bises et bonne route
    Mimi

  5. julien dit :

    PREM’S Azienda Nazionale Autonoma delle Strade ou en anglais :National Autonomous Roads Corporation! yes enfin gagné une bière!!! à chaque fois je l’ai loupe! prends soin de toi

  6. Justine dit :

    Azienda Nazionale Autonoma delle Strade (Société nationale autonome des routes)

    Ça fait 2 !

  7. Justine dit :

    Tu n’as pas précisé une bière « pour le premier qui te le dit » donc tu devras une bière à tout le monde qui te donnera la réponse…ça va te coûter cher si on est 30…ahah ! Bon vélo en Corse !

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