Vendredi 28 Janvier 2011: répit et re-pluie (Donigala Fenughedu > Cala Griécas)

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Aujourd’hui, j’ai eu droit à une petite éclaircie! Mais à part elle, c’était pluie et encore pluie…et vent aussi.

Épilogue d’hier: je n’ai pas été mangé par un monstre cette nuit, même si j’ai entendu des drôles de cris quand je me suis réveillé pour raisons corporelles. Décidément, les bestioles d’ici sont bizarres.

Coup de stress avant de dormir: l’auréole d’eau autour de la porte est plus grande que quand je suis arrivé. Je réalise alors qu’en fait, toute la poussière qu’il y a par terre ressemble quand même pas mal à des sels minéraux/sédiments résultant de l’évaporation de pluie ayant ruisselé jusque dans la pièce. Instant « uh-oh »: et si je me retrouvais dans l’eau au milieu de la nuit? Avec de la poussière sèche, j’improvise une petite digue autour de l’auréole. Vue l’intensité de la pluie (c’est pas une pluie d’orage), ça devrait aller.

Au réveil, en effet, ça a pas trop mal fonctionné: ma « digue » est humide, mais pas mes affaires. Ouf! Comme hier, je ne me précipite pas pour prendre la route…mais vers 9h30, quand je commence à pédaler, c’est de la bonne pluie que je me mange. ‘Tain, je suis pas venu rouler autour de la Méditerranée pour me prendre des précipitations comme en Picardie, c’est quoi cette arnaque?!

Les premières heures de route sont donc bien humides. Mais quand je commence à monter le long faux-plat vers Cuglieri, inchalleluia, un cadeau de Mère Nature: un répit! La pluie se fait clairsemée, j’ai droit à un arc-en-ciel, et même à bout de ciel bleu. Comme la météo avait dit.

Dans de bonnes conditions, à part un vent assez capricieux, je roule donc vers Bosa, où je dois ravitailler avant de me lancer dans une quarantaine de bornes « traversée du désert »: pas la moindre maison indiquée sur la carte.

Là-bas, je craque et achète un kilo de dattes. Mais c’est pas tous les jours qu’on en trouve pas assaisonnées, autant en profiter! Je fais aussi le plein de chocolat, le Milka était en spécial à un euro les 100g…

Un hôtel accepte que je squatte sa connection internet…grazie mille! J’essaye de réserver mon ticket de bateau Porto Torres – Propriano pour mardi prochain (histoire de pas me faire niquer et que le bateau soit plein…), mais au moment de payer, mon Archos et l’authentification HSBC se boudent…faiche. Maman, au secours. Oui, je suis un fils à Maman. (Et Papa, aussi, hein.)

Il est passé 14h quand je fais un petit tour dans le centre-bourg de Bosa et me pose sur un banc, à l’abri sous des arcades, alors que la pluie reprend. Selon la météo, ça devrait durer encore une journée, en plus de cet après-midi.

En reprenant la route, c’est pas de la petite bruine de tapette qui tombe, c’est de la vraie pluie, ce truc plein de gouttes qui mouillent, qui mouillent. Et un bon gros vent on-ne-peut-plus turbulent souffle, tourbillonne, et transforme les gouttes en cinglants projectiles. Aïeuh! On avait dit pas dans l’oeil!

Je me lance donc dans ma quarantaine de bornes sans civilisation dans ces conditions, un peu avant 15h. J’avoue que j’ai hésité à me trouver une ruine peinarde à Bosa et y rester. Mais on est pas là pour rigoler, et seulement une soixantaine de kilomètres dans cette journée, c’est insultant. On the wet road again!

Pfiouuu, c’était pas de la tarte. Des montées qui n’en finissent pas, trempé dedans, rincé dehors, balotté par de puissantes rafales (du genre: argh, vite, repasser en toute petite vitesse, le vent m’arrête, c’était pas prévu…). Des virages « tiens, viens prendre ta claque » dans lesquels le vent me surprend au détour d’un rocher. Des descentes « baisse la tête (sinon tu vois plus rien et t’en prends plein la face), et suis la ligne blanche ». Des insultes contre les fermetures éclair qui se bloquent.

J’avoue que j’ai un peu souffert. Mais je me disais que j’ai pas le droit de me plaindre: j’ai choisi d’être là. Et qu’il vaut mieux ça qu’être coincé, seul dans sa caisse, dans des embouteillages (sauf mon respect pour vous, si ça vous arrive).

Et le truc motivant aussi, faut l’admettre, c’est que quelque part au bout de cette route de fous, une ruine ou un coin sec et abrité quelconque, m’attend. Là, je pourrai m’allonger dans la tente, enfiler ma polaire Quechua préférée, faire sécher mes choses, lire mon bouquin, écrire ces lignes, manger du chocolat et vous envoyer des textos. (Ceux dont j’ai pas les numéros, c’est votre faute: le mien est sur facebook!)

Je me bats contre le vent, la pluie, le relief. Le cadre est vraiment majestueux. Sous une autre météo, j’aurais probablement pris des clichés magnifiques. Là, je tente de rester sur la route, ce sera déjà pas mal, et accessoirement, je regarde un peu le paysage.

J’arrive au bout d’un moment en vue du gros éperon rocheux avant la ville Alghero, sur lequel se trouve la Torre Poglina. Ah tiens, une plage, et une sorte de maison dessus…vu de loin, ça ressemble à un truc de location de canots. Et apparemment il y a un préau! Allons voir…

En pensant descendre vers le bâtiment en question, j’arrive à une sorte de bar à glaces, fermé évidemment…mais le préau semble sec, yeeha! En m’approchant, je me rends compte que l’endroit est encore mieux que ce que je croyais: derrière la cahute à glaces, un endroit sec (à quelques infiltrations près, apparemment) et pas mal abrité du vent. Cerise sur le gâteau sec: le sol est un plancher, je peux donc y planter la tente comme sur du gazon, ou presque. Trop bien!

Dommage, l’évier est à sec, et les prises de courant déconnectées. On va pas trop en demander, l’endroit me semble super-confortable après l’apocalypse de cet après-midi. J’entends la mer, la pluie et le vent déchaînés, sans qu’ils ne me perturbent plus que ça. Et autre truc cool, je ne devrais pas être dérangé par les chasseurs! Bref, le voilà, l’endroit qui me motivait sous la pluie battante.

Aujourd’hui, 96.5 km en 5h16, soit 18.3 de moyenne. Avec 1391 m de dénivelé, dont la majorité avec imperméables.

Bonne soirée-glace!

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4 commentaires pour Vendredi 28 Janvier 2011: répit et re-pluie (Donigala Fenughedu > Cala Griécas)

  1. Cath dit :

    Waouh c’est vivifiant la Sardaigne !
    Je me demandais ce que tu fais des cartes routières des pays traversés…
    Est-ce-que tu les gardes, tel un authentique Bouderlique-qui-cultive-la-relique,
    et conserve précieusement tout ce qui peut encore servir ? Hein ?? Nan j’vise personne !
    Bon c’est vrai, elle peuvent encore servir, mais c’est lourd j’imagine !

  2. bouderlique dit :

    Marrant, C’est le logo des glaces Miko sur le comptoir à côté de la tente!

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