Jeudi 3 Février 2011: mare a mare (Palombaggia > Porticcio)

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Wouhou, quelle journée! Probablement une des plus physiques de ce voyage. Je fais vite, j’ai qu’une envie: manger et dormir (bon, ok, ça fait deux).

Allez, bime, ze stats in your fesses: 132 km en 7h02, soit 18.8 de moyenne. Mais surtout…plus de 2500 m de dénivelé. Record battu, wouha. Les montagnes corses, c’est pas une légende.

Je suis sur la route vers 8h. Premières montées-descentes insignifiantes devant le reste de la journée, puis me voilà à Porto Vecchio, que j’atteins en empruntant une piste cyclable, puisque la nationale est à cet endroit une double-voie interdite aux vélos. Seulement voilà, alors que la route a droit à un super pont pour franchir un ruisseau, moi j’ai…un gué. Je commence donc par me mouiller les chaussettes dans la fraîcheur matinale. Brrr…si je peux dire, c’est pas le pied.

Avant de m’engager dans le désert numérique des montagnes corses, je me trouve un hotspot pour me connecter. Ça captait bien seulement au milieu de la route sur un parking, pas très pratique! Mais j’ai pu envoyer mes jurons et lire vos messages et commentaires, toujours aussi agréables…merci! Et désolé si mes réponses sont frustrantes…

Bon, finies les conneries, il est 9h30, on roule! On commence par monter à près de 1000 m d’altitude, une bien belle côte! On mouline, on mouline, hop hop! Apparemment, c’est une montée prisée par les cyclistes: il y a des « Go Dave! » et autres, peints sur le sol.

Plus on se rapproche du ciel, plus il fait frais et plus il y a de vent, c’est classique. Mais ça ne m’empêche pas de suer à grosses gouttes en tenue estivale…je crois que je fais un bel effort en tentant (avec succès! Si, si) de me maintenir au-dessus de 10 à l’heure.

Les jambes à 2000 rpm, ahah…vas-y tourne, tourne, tourne! Comme disent Poun et Djag, de Black Bomb A, dans le live Goéland TV. Ou encore, circle pit les jambes, « Detroit style, let’s go! », comme dit le chanteur d’Hatebreed dans le Live Dominance.

Plus le sommet est proche, plus il y a de neige dans les bas-côtés…ça aussi c’est bien sympathique. Et cerise sur le gâteau, un peu avant le col, un petit lac, un petit barrage, je trippe!

Au fur et à mesure de la montée, on voit s’éloigner la mer, et s’approcher les nuages. Franchement, parfois en m’approchant du sommet, j’ai un peu l’impression de conquérir le monde, ou de le dominer. « Prosternez-vous! », comme dirait Oscar Souto, d’Anonymus. Je suis sûr que tous les dictateurs seraient des gens gentils, s’ils avaient fait du vélo avant d’entamer la politique.

Après avoir immortalisé Trekounet, les roues dans la neige, devant le panneau du col, je descends vers Zonza, où je mange…ce petit kilomètre de dénivelé m’a quelque peu ouvert l’appétit. Malheureusement, j’arrive après la fermeture de l’épicerie, où je pensais me payer un saucisson corse. Tant pis, sardines ce sera, c’est bon les sardines.

Je reprends ensuite la route, direction Ajaccio. Parce que oui, je vous ai pas dit, c’est l’objectif (ambitieux) de cette journée: relier la côte est à la côte ouest, via la montagne. Les randonneurs qui font ça appellent ça un (ou une?) « mare a mare ».

« Ah bah facile, t’as passé le col, tu redescends vers la mer de l’autre côté », vous entends-je penser d’ici. Eh bah non, c’est pas si simple! Il y a plusieurs cols à franchir, des tas de tournicotis à suivre, et tout et tout. De bien jolies routes, sous le soleil corse. Peu fréquentées, en plus! Bref, je trippe dans la montagne avec mon vélo.

Passage vachement impressionnant: les terres dévastées par des incendies en Juillet 2009, avant le col de Saint-Eustache. (Joli prénom, Eustache, non? Sans ironie, je trouve que c’est cool. Comme Zotique, d’ailleurs.) Le conseil général de Corse du Sud recommande d’ailleurs la prudence sur cette route. « Soyez prudents si la montagne vous tombe sur la tronche! »

Avis à ceux qui envisageraient de se faire le col de Saint-Eustache à vélo: grimpez par la face nord, en partant de Petreto! Parce que la route est pou-rrie de ce côté, et vachement étroite, alors qu’après le col, à part les quelques pierres dégringolant des terres brûlées, la route est large et belle. Pour moi, la descente était donc assez chiante. Toujours sur les freins, scrutant les trous dans l’asphalte…bof. Mais pour vous, elle sera jouissive!

Après ce joli col et la descente « chaussée déformée », me revoilà sur la route nationale. Je vous sens d’ici avoir peur pour ma vie. Merci, mais cette portion ne semble pas être la plus dangereuse du monde: il y a assez peu de trafic.

Après avoir constaté que l’épicerie de Petreto est aussi fermée, je me paye une super descente sur la nationale, pour revenir en dessous des 200 m d’altitude. Ah, les grandes courbes sans freiner, le pied!

Vient ensuite le temps de remonter pour le dernier col de la journée avant Ajaccio. (Oui, j’ai atteint mon fucking objectif, je campe tout près d’Ajaccio, on va y revenir!) Les premières centaines de mètres de dénivelé sont peinardes, à ceci près: suite à un faux mouvement-trébuchage en repartant après un arrêt quelconque, je bourrine sur ma pédale de droite…

…bime, ma chaîne (qui fête ses 9100 km!) en prend un coup. Le maillon faible s’est redéformé et frotte contre les dérailleurs. Rhaaaa…allez, on s’arrête de nouveau et on répare. Petite précision: ça y est, ça glisse sur le troisième plateau. J’ai bien peur que cette transmission ne revoie pas la Picardie…

Bref, la réparation tient. À Grosseto-Prugna, le village avant la montée finale vers le col de Saint-Georges, un passant qui promène son chien m’interpelle en rigolant un peu… »oh mon collègue, ça va monter! ». Je sais mec, comme si ça m’impressionnait. (Je veux pas me la péter hein, mais aujourd’hui, 300 m de dénivelé, c’est un peu comme monter l’escalier chez soi parce qu’on a oublié un truc en haut). Je jase un peu avec le gars, qui me dit que la prochaine épicerie est à Ajaccio. J’ai plus qu’à atteindre mon objectif!

Je souffre un peu dans la fin de la montée, au point de m’enfiler un des gels offerts par un cycliste sicilien…berk! Mais c’est assez efficace: je suis en haut vers 16h30. Encore une photo de geek « mon vélo devant le panneau du col », puis j’ai droit à 747 m de descente vers la mer! Yahou!

À part un feu rouge à la con dans un village, je ne m’arrête pas avant d’être au niveau de la mer. Vous l’avez peut-être compris, je voudrais faire quelques courses avant de camper ce soir. Un panneau dit « Carrefour market à Ajaccio, ou à Porticcio ». Comme il se fait tard, et que j’ai pas envie de galérer pour trouver un endroit où camper en ville, je prends fais donc un détour par Porticcio.

Quelques courses dans la première épicerie venue, qui s’avère hors de prix: oranges, bananes, cacahuètes, pistaches, amandes, cassoulet, pepito, canistrelli, confiture, crème de marrons, chocolat, riz, sardines, crème Mont Blanc. Miommiom! (Oui je sais, je bouffe toujours la même chose! Et alors?)

Je me dirige ensuite vers une tour de garde qui semble cool juste à côté de la mer. Mais pour y accéder, il faut finalement se taper des centaines de mètres dans le sable, et passer un ruisseau…on oublie!

Par contre, le restaurant de plage fermé a une terrasse parfaitement décente, .malgré le passage des quelques avions qui vont et viennent de l’aéroport tout proche. Je m’installe donc là en admirant le coucher du soleil.

Demain, direction le nord! Mais tranquille, Émile.

Bonne soirée au restau!

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