Mardi 24 Mai 2011: mon premier 200…ou pas (Kirschhofen > Grünberg)

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Ouai, cette journée aurait pu voir bien plus de kilomètres défiler au compteur. Finalement, 79.3 km en 3h33:33, soit 22.2 de moyenne.

Tout était pourtant bien parti: sur la route avant 9h, bon vent de dos, temps au beau fixe, un peu plus frais que les derniers jours. Les deux premières heures ou presque, je file sur l’itinéraire cyclable R7, cap à l’est.

Je longe encore un peu le Lahn, puis file à travers la belle campagne allemande. Éole balaye les blés et autres céréales, c’est très agréable. Accessoirement, il me propulse aussi entre 30 et 40 à l’heure, ça roule bien. C’est pour ça que l’espace d’un instant, je caresse l’espoir d’une belle grosse journée de 200 km.

Seulement voilà, à Gießen, je commence à avoir mal au ventre. Boh, ça va passer, pense-je, ça passe toujours. Mais cette fois…non, ça passe pas si facilement. C’est toujours pas vraiment passé à l’heure où j’écris.

Alors, d’abord un truc rigolo d’aujourd’hui: je me suis fait contrôler par la police. Si, si, Tornado s’est fait palper la sonnette, vérifier les réflecteurs, et tout, et tout. Comme on était en règle, je dis au policier que je suis désolé pour le faire marrer, et reprends la route. Heureusement que j’ai pas encore mon arbalète, peut-être que ça, ce serait pas passé. (J’imagine: « C’est quoi, ça, là? » « Bah, une arbalète! » Uhuh.)

Quelques kilomètres après Gießen, pfiou, mon ventre me tiraille. Quelque chose veut sortir, et vite. Pas le choix, je m’arrête dans un champ d’orties et me soulage plus-ou-moins derrière des buissons. « Colique dans les prés, oui c’est une belle diarrhée. »

Pfouuu, quelle misère, me voilà malade. Je reprends la route, le bide en vrac, et roule encore quelques kilomètres jusque Grünberg, où j’essaye de manger. Aucun appétit, pas de force, je suis un pauvre animal malade. Je réussis quand même à ingurgiter un peu de pain et une banane.

Je jase avec un cycliste de la région, de voyages, de vélo. Il me dit que ces temps-ci, des produits locaux sont infectés par une sale bactérie, et que c’est peut-être elle qui me rend malade. Mais après avoir appris qu’hier, j’ai mangé du comté qui était dehors depuis plusieurs jours, il me dit que Pasteur a pas mal bossé sur la contamination bactérienne. Il se fout un peu de moi au final, c’était rigolo.

Mais ça me rend pas mon appétit. Pas trop décidé non plus à bouffer de la route dans cet état, je cherche une connexion internet, et de la bonne eau, parce que celle de la fontaine de la Winterplatz est dégueulasse.

Je trouve le tout dans le bar à glace de la place principale, où je commande un Coke, histoire d’essayer de faire passer aux sales bactéries l’envie de m’emmerder.

C’est raté: quelques minutes plus tard, la probable intégralité de tout ce que j’ai ingéré depuis ce matin décide qu’en fait, mon corps n’est pas destiné à être nourri par elle. Comprenez, grosse cascade de vomi dans les chiottes du bar.

Lessivé, je repars, fais quelques kilomètres sur l’itinéraire cyclable, et plante tant bien que mal ma tente au premier endroit venu. Je m’écroule dedans, grelottant, et me met sous mon duvet sans même me changer.

J’ai mal au bide, je suis déshydraté, j’ai chaud, j’ai froid, bref, c’est la misère. Je reste là environ quatre heures, à somnoler, boire quelques gorgées, resomnoler, essayer de survivre. Je crois qu’en plus des bactéries, le soleil en a mis du sien pour bien m’achever.

Finalement, un peu avant 21h, je me sens un peu mieux. Je trouve la force de me bouger pour me faire du riz…au comté, ahahah. Non, au bouillon kub, et c’est tout.

Me voilà en train de vous écrire, un peu requinqué mais pas mal ballonné. Pour l’instant le riz tient bon. Pourvu que la nuit soit bonne.

Parce que oui, je vous ai pas dit, la dernière a été assez mauvaise. J’ai été réveillé vers 0h30 par des aboiements horribles, déchirant la nuit noire et résonnant dans la vallée. J’exagère pas, franchement c’était pas mal flippant. Après avoir réussi à attraper discrètement mon sifflet de sauvetage pour impressionner la bête au cas où elle déciderait de s’approcher de moi, je suis resté tétanisé un bon quart d’heure, les yeux ouverts dans le noir. J’aime pas les chiens errants qui aboient très fort la nuit, non.

Donc…bonne nuit sans chien ni vomi.

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3 commentaires pour Mardi 24 Mai 2011: mon premier 200…ou pas (Kirschhofen > Grünberg)

  1. Rodolphe dit :

    Ouaf! hihi, désolé.

  2. Cath dit :

    De tout coeur avec toi, on te soutient !
    La direction générale de la Santé, en France nous a signalé effectivement cette épidémie allemande d’infection à Escherichia coli producteurs de « shiga toxines », chez plus de 400 personnes, dans le Nord du pays. 80 personnes ont eu une forme grave, dont 2 décès, ça rigole pas…

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