Jeudi 26 Mai 2011: convalescence efficace (Mengshausen > Klettstedt)

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Ah, une journée avec un peu plus de route que les deux dernières, ça fait du bien! C’est parti pour 5h05 de selle à 24.2 de moyenne, soit 123.3 km. Et 967 m d’ascension en prime.

J’ai encore passé une bonne nuit, apparemment réparatrice: je me réveille avec une bonne pêche. Enfin, pas la pêche des grands jours « allez, aujourd’hui, ascension de quinze cols des Pyrénées », quand même, mais plutôt la pêche « bon, la gastro semble se calmer ». C’est déjà ça.

Je prends la route pas mal tard, genre vers 9h30. Beau temps, pas de vent, j’appuie sur les pédales et arrive rapidement à Bad Hersfeld, ville au bord de la carte: un passage à la librairie s’impose. Bordel, huit euros la carte, j’hallucine. Pourtant c’est le prix « constructeur », et pas « libraire ». Bref.

Petit thé dans un café qu’a une connexion sans fil. Check de mails: Siemens ne veut pas de moi. Fait chier, mais en même temps ça m’aurait aussi fait chier de devoir passer un entretien en étant sur la route. Me voilà tranquille.

Merci à tous de vos commentaires/messages, ça fait plaisir. Pas toujours le courage/temps de répondre longuement à tous, mais le coeur y est!

Ah, j’oubliais, j’ai laissé Tornado contre une barrière que je peux voir depuis le café. Alors que je le mets sur la béquille, un mec sort de son magasin tout près et me dit dédaigneusement « es gibt ein Fahrradplatz », ce qui en gros veut dire « y’a un endroit spécial pour mettre les vélos, cycliste de merde ». J’ai répondu « ich kann kein Deutsch…is there a problem? » (traduction: « j’ai très bien compris, mais je t’emmerde, je gêne personne, que je sache, vieil aigri, y’a déjà un vélo là en plus, tu vas pas faire chier pour un quart d’heure, quand même »). Dépité, le vieil aigri admet « no, no problem ». Bref.

Je repars, fort de ma nouvelle carte pour savoir où aller. Friedewald, puis Heringen…mais évidemment je misère pour trouver la bonne route. Je tourne un peu en rond, monte une colline et la redescends, et finis par trouver le bon chemin, quand même.

Je suis sur une grosse route. Ça circule, mais bon, j’ai connu des endroits moins cyclables quand même. Et faut avouer que c’est quand même plus direct que les routes pour vélos qui tournicotent de partout.

En arrivant à Heringen, je suis assez surpris par la grosse usine/mine qui domine le paysage. Je me demande ce qui est exploité ici. D’ailleurs, je me demande un autre truc aussi: c’est quoi ces petits panneaux jaunes qu’il y a avant les ponts, avec des chiffres, des flèches, et un camion ou un char d’assaut? Mon guess: le tonnage admissible, mais ça m’intrigue.

Le vent commence à se faire sentir. Mais il est trop bizarre: il me pousse sur 500 m, puis je l’ai dans la face sur 500 m. Jamais vu ça. Enfin, quand je me retrouve dans la plaine, il est bien plus constant…et dans le bon sens, alleluia, voilà l’occasion de mettre quelques bornes au compteur.

On roule! Poussé par le bon vent, je suis sur le troisième plateau, entre 30 et 40, ça fait plaisir.

J’atteins Eisenach assez rapidement. Je me rince dans la fontaine d’une petite place, et alors que je regarde un plan de la ville affiché là, un petit papi allemand vient me demander « kann ich dir hilfen? ». Sympathique le papi, il me dit aussi « parlez-vous français? » « Oui, oui! » « Schule, par coeur »: en fait, c’est le seul truc qu’il semblait avoir retenu de ses cours de français. Bref, c’était rigolo. Habituels ravitaillements et petit tour en ville, et je continue ma route.

Quoi, déjà 15h, 79 km?! La vache, j’ai même pas bouffé! Bon, bah j’ai encore la pêche, autant pas nourrir ma gastro, je continue. Alors que je regarde la carte (arrêté à un feu rouge, remember Roquevaire, RIP Trekounet), un motoriste me demande quelle direction je cherche. Ne connaissant pas la ville en question, qui est cachée sur l’autre pli de carte, je bafouille le numéro de la route: « harte firh ». Il me fait signe « tout droit ». Merci l’ami! Eisenach, ville des gens cool, Bad Hersfeld, ville de l’aigri anticycliste.

Quelques kilomètres plus loin, j’ai quand même un peu faim. Je m’arrête sur une petite aire-accès à des sentiers du parc naturel du coin pour un petit goûter.

Je poursuis, toujours le vent dans le dos, vers Bad Langensalza. Oui, je trouve le nom rigolo aussi. Spéciale dédicace à E.B., d’ailleurs, j’aurais dû demander s’ils cherchent pas un superdanseur.

Là, je me fais mener en bateau par les panneaux « alle Richtungen » qui m’emmènent sur une fucking rocade. Tant pis, je dois me taper une pointe à 77 km/h sur une super descente large, le vent aidant.

Depuis tout à l’heure, j’ai droit à quelques gouttes de pluie par intermittence. Je me suis arrêté deux fois pour passer les imperméables, pour à chaque fois finir en « en fait non ». Il y a tellement d’air, et il fait chaud, que même s’il se mettait à dracher je serais vite sec.

Je roule encore quelques bornes, puis arrive au petit bled de Klettstedt, où au bout d’un petit chemin, je tombe sur une sorte de petit Biergarten plus ou moins abandonné. Abrité du vent, avec des tables, franchement impec. Allez, on s’installe!

Sur ce, m’en vais manger du riz et écouter Coluche. (Jean-Polski: « ahh, ma bagnole! »).

Bonne soirée sans bière!

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7 commentaires pour Jeudi 26 Mai 2011: convalescence efficace (Mengshausen > Klettstedt)

  1. nico dit :

    lu sur un forum :
    « Il s’agit des indications de poids maximal admissible sur le pont.
    Ainsi le premier chiffre en général moins élevé mais avec deux flèches et la masse admissible de deux véhicules circulant en sens inverse.
    Le deuxième chiffre accompagné d’une flèche unique est le poids maximal admissible pour un seul véhicule allant dans un sens uniquement.
    Dans le temps il était même accompagné avec un pictogramme représentant un char d’assaut. »
    ;)

  2. bouderlique dit :

    On est content de voir que la gastro est derriére toi. Es-tu dans l’ancienne RDA ? Bonne route sous le beau temps!

  3. Rodolphe dit :

    Salut Rémi,

    J’ai checké avec un de mes collègues à propos de ces panneaux avant les ponts. Il s’agirait d’une indication de vitesse pour les chars d’assaut. Un tel panneau indiquerait la vitesse maximum pour les chars s’il n’y a pas de circulation sur le pont ainsi que la vitesse minimum s’il y a du trafic en sens inverse. Ils s’adresseraient donc qu’aux chars de l’armée.
    Je lui ai demandé alors pourquoi tous ces panneaux en Allemagne alors qu’on s’en passe bien en France. J’ai ajouté comme question: « Vous n’êtes pas encore entrain de préparer quelque chose, quand même…? ». Alors il m’a répondu qu’ils ont toujours été entrain de préparer quelque chose (suivit d’un clin d’oeil, dans la fenêtre de chat… ;) ). Et blague à part, il a ajouté qu’en France c’est pareil, il y a une vitesse maximum, mais elle est standard. Il n’y a donc pas besoin de tels panneaux en France.

    Puis 77km/h, attention! La polizei va encore t’arrêter et checker tes phares, pression et profondeur des rainures des pneus, papiers du véhicule et tout!

    Bonne route.

  4. bouderlique dit :

    J’ai vu sur la carte que le triste camp de concentration de Buchenwald était à 20 à 30 km de ton itinéraire ( sud-est). Iéna aussi ( lieu d’une bataille napoléonienne) sans oublier la république de Weimar. Que de lieux historiques dans ce coin!

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