Vendredi 27 Mai 2011: Tornado met les voiles (Klettstedt > Wölpern)

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(Dans les oreilles: « Ozzfest 2001: the Second Millenium », Union Underground – South Texas Death Ride. Le CD avec lequel j’ai découvert le hard rock (sous catégorie: new wave of american metal… lol). Incontestablement un des meilleurs du genre. Je vous le conseille.)

Pas superbien dormi. Et vers 7h30, je suis réveillé par des tondeuses: tiens, non, en fait l’endroit n’est pas abandonné. Je remballe en vitesse, pour ne pas gêner. Mais le mec est cool. Il me demande, comme d’hab, où je viens-d’où je vais, ou l’inverse. Son fils parle français, alors il tient à ce que je l’aie au téléphone, normal. Lui est déjà allé à Paris, et a vu le Louvre et Versailles: re-normal. Me semble qu’ici, la France, c’est Paris, et voilà. Le jour où je rencontre un étranger qu’a visité Notre-Dame d’Amiens, bouffé du Maroilles et des bêtises de Cambrai, je lui saute probablement dans les bras.

Je pars sans avoir déjeûné, et m’arrête au premier banc venu pour me faire du thé et ingurgiter quelque chose avant de prendre la route. Parce qu’aujourd’hui, y’a du vent, va falloir pédaler et être à la hauteur pour en profiter!

Quelques minutes plus tard, me revoilà sur la grosse route. Comme hier, vent dans le dos, ça pousse, yahou! Tornado s’emballe, il en faut peu pour se retrouver à plus de 40 km/h, voire bien plus dès que ça descend un peu. Pour vous donner une idée, sur les six premiers kilomètres, qui sont plus ou moins un échauffement, bin, 40 de moyenne, quoi. Presque une mobylette!

La campagne allemande est toujours aussi sympathique. À cette allure, les grandes plaines et longues lignes droites ne paraissent en rien monotones. De toutes façons, plein de petits villages sont dispersés sur la route, avec chacun leur lot de belles courbes à négocier sans freiner.

Je file plein est sur la route 176. À Sömmerda, je me fais encore avoir par une rocade pourrie qu’est pas sur ma carte. Pour le prix que j’ai payé, ils auraient quand même pu faire un effort, uhuh.

Je m’arrête pour manger à Laucha, petite ville sympathique avec un super moulin à eau en ruine. Quand je serai grand, j’aurai un moulin aussi, moi. Petit regard sur le compteur: 80 km, 2h40. Vache, 29.5 de moyenne. Merci Éole!

Alors que je déguste mes harengs sauce tomate (oui, vous pouvez prendre une pause dans votre lecture pour aller vomir, bien sûr, voyons), un couple de petits vieux me demande par où part l’itinéraire cyclable. Je leur dis que je suis pas sûr, parce que je roule sur la grosse route, mais que j’ai vu plein de cyclistes partir par là. Le mec a semblé un peu outré que je roule sur la route. Bin, je roule pas à 15 km/h, et j’ai un endroit où aller, et c’est pas tout près. Donc oui, je roule sur la route. Et j’en ai bien le droit: le vélo est un véhicule au même titre que le camion 38 tonnes. Enfin, je lui ai pas dit tout ça.

Un peu plus loin, je passe à côté de petits vignobles. C’est tout mignon, avec les petites maisons dans les vignes, on dirait un peu la Comté, le pays des Hobbits.

Alors que je pensais la jouer fine et prendre un raccourci, je me retrouve à bien galérer: le pont que j’avais vu sur la carte, pour franchir la Saale, s’avère être un pont de chemin de fer. Heureusement, le prochain n’est pas trop loin. En plus il a de la gueule.

Bon, par contre, après, je suis obligé de me manger des kilomètres de route pavée. « Bah, c’est quoi le problème? », vous entends-je demander d’ici. Le problème, c’est que c’est pas des pavés autoblocants de la cour de votre Mamie. C’est des fucking pavés anté-moyen-âgeux de merde. Jamais vu ça, de loin la route la pire que j’ai jamais prise. N’importe quel « centro storico » italien était plus praticable que ça. En fait, avec un vélo léger, ce serait pas si grave, mais en charge, toute la mécanique, en plus des os du pilote, souffrent.

Heureusement, le bas-côté est la plupart du temps assez roulant pour que je puisse épargner mes pneus, jantes, rayons, roulements, fixations de porte-bagages, sacoches, et accessoirement, mon cul et mes coudes. Je m’en tire sans bris ni crevaison, et n’ai jamais été aussi content de retrouver de l’asphalte!

Le prochain village semble accueillir cette fin de semaine une sorte de fête agricole. Plusieurs engins sont exposés, ils sont bien massifs, je kiffe. Ouai, c’est beau, un tracteur! Tornado tient à dire que lui aussi a la puissance, et un couple monstrueux avec son braquet 26×34, alors il prend la pose avec les autres belles machines.

Je suis maintenant pas mal proche de Leipzig. Toujours poussé par le vent, j’y arrive rapidement: c’est parti pour 18 km de traversé urbaine. Je me suis même pas trop paumé. En ville, je me suis dit que peut-être, il y aurait une masse critique aujourd’hui, puisqu’on est le dernier vendredi du mois. Mais j’ai finalement oublié l’idée, bonjour la galère pour trouver un endroit pour la nuit après la rando. J’aurais dû chercher un hôte Warmshowers un peu plus tôt…boarf, tant pis.

À part quelques endroits qui ont l’air bien pourris, Leipzig semble sympathique, c’est assez cyclable, et les vieux trams sont rigolos. Enfin, je demande pas mon reste quand même, je voudrais profiter encore un peu du vent, et sortir de l’agglomération assez vite pour me trouver un bon coin pour dormir.

Arrivant bientôt au bord de ma carte achetée hier (c’est ça, avoir le vent dans le dos!), j’en achète une autre…mais il y a un trou entre les deux, va falloir y aller à l’aveugle sur quelques dizaines de bornes. Bah, Tornado sait où on va.

Je roule encore un peu, jusqu’à un bled semblant pas trop mal. Je m’installe en lisière d’une petite forêt…sans avoir remarqué que j’étais pile dans un axe de descente des avions vers l’aéroport voisin. Bon, tant pis. Ça va, c’est pas comme si j’étais en bout de piste à Roissy, non plus.

Aujourd’hui, 155 km à 26.4 de moyenne, donc 5h53 de selle (137.2/27.9/4h55 sans Leipzig).

Allez, ce soir je tente le thon à l’huile avec le riz. (Parce que non, pas d’arrêt-gastro aujourd’hui non plus, gaude blaisss ze caca.)

Bonne soirée aéronautique!

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8 commentaires pour Vendredi 27 Mai 2011: Tornado met les voiles (Klettstedt > Wölpern)

  1. Bets dit :

    hey hey remi! bon je vois que ca avance ca avance…. tes super bien équipé en faite, oui moi je suis un peu naîve donc je n’avais pas le sentiment que partir comme ça nécessitait une grande organisation :-) Bon moi wd en campagne au bord de la piscine avec mon chien….je vais bientôt aller me faire bronzette oui oui promis je penserais a toi qui pédalera dur tel un alpiniste grimpant sur sa montagne! gros poutoux et si ta le blues penses a Mme MICHELON, effet garantie ;-)

  2. Rodolphe dit :

    Que veux tu nous montrer avec la photo de l’arrière de ton bicycle?

    (Très classe ta conclusion :))

  3. bouderlique dit :

    Salut Rémi, les harengs sont sous quelle forme (conserve?)? Bon week-end!

  4. Cath dit :

    Oh fils! le voyage passe par des voies cyclables ou moins cyclables… Nos prédécesseurs ont écarté les herbes et les branches, tassé la terre, chevauché, inventé la roue, ça avait déja largement facilité les déplacements… Les ornières étaient une entrave humide, les pavés une secouante facilité; pense aux générations de sabots qui les ont polis… Alors, Monsieur Mac Adam inventa le fucking revêtement qu’on préfère, bien souvent très roulant et toujours plus que des pavetons, Mais respect pour eux et pour le boulot de les tailler et de les placer! Sûr qu’elle sont rares les routes en terre battue comme on les aime. Le cyclo doit rester un déguste bitume plus qu’un mange bitume. Prochains pavés, tu marches un peu…

    • zboud dit :

      Bien sûr, total respect, mais les pavés, c’est la merde pareil. « Tu marches un peu », 5 km en plein cagnard en poussant 50 kg…je suis pas légionnaire, lol!

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