Mercredi 1er Juin 2011: ambivalence polonaise (Sedziwojewo > Isydorek)

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(Dans les oreilles: Les $heriff, « Les deux doigts dans la prise ». Un des meilleurs albums live que je connaisse.)

(Les noms des bleds polonais m’étonneront toujours.)

Alors que le tonnerre résonne et que la pluie commence à taper la toile de ma petite tente, je m’en vais vous raconter une journée bien ambivalente.

Pas super, comme nuit. J’ai été réveillé par un orage. Pas de grosse pluie, mais du bon gros tonnerre et des éclairs. Enfin, c’est marrant comme une simple toile de tente peut être rassurante face aux éléments.

Vers 6h30, le soleil est levé depuis un moment, et il commence à faire chaud dans Hubba. Bah ouai, hier je me suis choisi un coin ombragé, bien sûr…mais je suis toujours dans une pâture, donc au petit matin, le soleil me cogne dessus, aucun arbre ne me protégeant.

Je remballe torse nu, chauffé par les UV, c’est bien agréable. Heureusement, toute mare qui soit proche, il n’y a pas de moustique ici. Cool!

Bon, euh, Maman Nature, mollo, ça chauffe un peu trop, là. 8h du matin: je suis en nage alors que je porte à peine un cuissard et que j’ai pas donné un coup de pédale. Ça promet!

Je prends la route en espérant continuer sur des petites routes campagnardes, pour rattraper la grosse 92 le plus tard possible. Ah tiens, des panneaux indiquent un itinéraire cyclable! Allez, suivons-le, tous les chemins mènent à Warszawa. (Ouai, je vais passer par là, ça fait un détour, mais bon, ce serait dommage de passer si proche.)

Bien mal m’en a pris. Au début, tout va bien, l’itinéraire suit des routes asphaltées, normal. Mais…des fois, elles le sont plus. Et là, j’ai franchement regretté les pavés allemands, vous vous souvenez?

Là, en gros, la « route » est un tas de sable. Comme chacun sait, le sable est le meilleur revêtement du monde. On s’enfonce dedans. Avec des slick de 32 mm de large et un poids total d’environ 110 kg…c’est la misère. (Note: même avec le meilleur vélo de montagne, le sable c’est la misère…)

Résultat: des heures de perdues, des kilomètres de marchés dans cette litière à chiens. Alors que le sable me rentre dans les chaussettes, que Tornado s’enfonce et que sa mécanique souffre, j’en viens à regretter l’asphalte de ma double-voie sans accotement d’hier. « Plutôt crever en roulant sur l’asphalte, que marcher comme un gueux dans ce fucking sable », ai-je même pensé. Bon, j’avoue, j’ai un peu merdé, aussi: j’aurais dû fuir dès le premier grain de sable. Faut que je revoie ma politique « Demi-tour? Plutôt mourir. », en y ajoutant une clause « sauf en cas de sable ou autre truc qui fait marcher ».

Imaginez ma joie de retrouver une bonne grosse route, avec des chauffards, des camions, et un revêtement pourri, mais sur lequel on peut rouler…hop, je file comme le vent, bien décidé à rattraper le temps perdu. Et c’est cool, la majeure partie de route 92 que j’emprunte aujourd’hui a un accotement.

Une légère brise m’aide d’ailleurs à arriver à Konin, ma ville-objectif de milieu de journée. Petit ravitaillement, et pause internet dans un magasin d’électroménager-multimedia. Apparemment, l’adaptateur micro-USB de mon Archos a rendu l’âme: j’ai acheté là un nouveau câble, 40 zt avec un adaptateur USB allume-cigare dont j’ai pas besoin, qui en veut?

Je me pause dans un petit parc de la ville pour me rassasier. Sur le banc voisin, deux minettes matent les travailleurs en train d’installer des trucs à ressorts pour les gamins. J’espère secrètement que mon passage leur a donné un peu de variété…lol.

Ah, j’oubliais, chez Intermarché (ouai, y’a Intermarché ici, Bricomarché aussi, Carrefour, Leclerc, etc.), j’ai racheté une carte! Enfin, carrément un atlas, même. Toute la Pologne…au 500000ème, donc pas supersuper, mais y’a toutes les petites routes qui sont pas sur ma carte Shell de merde.

Cet après-midi, donc, à moi les petites routes! Ça circule un petit peu quand même, mais c’est pas la même ambiance…moins de camions, plus de virages et de détours, on est un peu plus enfoncé dans la campagne polonaise, mais en restant sur de l’asphalte…

D’ailleurs, une chose dont je vous ai pas encore parlé: ici, les crucifix, ils sont joyeux, pas tristes (voire gore) comme en France profonde. Des beaux rubans et tout.

Alors que j’ai chaud après avoir quitté Konin, je vois à l’horizon de gros nuages. Ah, cool, on va pas crever sous le soleil comme hier! À sec, je m’arrête quand même dans une station service pour remplir mes gourdes. Le pompiste me fait le plein avec de l’eau en bouteille tout droit sortie de son frigo! Ouahouh, je n’en demandais pas tant.

Les nuages sont de plus en plus gros, et noirs, et menaçants. Le tonnerre se fait entendre. De grosses gouttes me mouillent les bras. Ahhhh, ça rafraîchit, le pied. Pas de grosse drache au programme: pas lieu de sortir les imperméables. Et de toutes façons je suis trempé de sueur, alors…!

À travers les coups de tonnerre et pluies éparses, je roule jusque Kolo, où je fais le plein d’eau avant de prendre une nouvelle petite route, facilement trouvée dans mon super atlas.

Je roule encore quelques kilomètres, poussé par un petit vent, avant de me poser dans une forêt pour camper. À peine suis-je arrêté que des moustiques m’attaquent…vite vite, l’huile à mouches!

Déballage express: j’ai peur qu’il se mette à pleuvoir d’un instant à l’autre. Instant « il ne peut plus rien nous arriver d’affreux maintenant » une fois toutes les affaires nécessaires jetées dans Hubba. Finalement, la vraie pluie ne tombe que depuis quelques minutes alors que j’écris ces lignes. Pourvu que ça ne dure pas trop, j’ai du riz à faire cuire, moi.

Ce qui fait bien plaisir, c’est qu’il fait maintenant frais, contrairement à ce matin. J’ai même mis un maillot, c’est dire!

Ce jour, 114.9 km à 24.4 de moyenne, soit 4h42 de selle.

Demain, on continue vers Varsovie. Pas de réponse d’un potentiel hôte là-bas…si je finis dans une auberge, ce sera l’échec.

Bonne soirée orageuse!

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2 commentaires pour Mercredi 1er Juin 2011: ambivalence polonaise (Sedziwojewo > Isydorek)

  1. Cath dit :

    ça va, y a de l’ambiance en Pologne ! et de la pluie…
    Tandis que nous, que dalle. Jamais vu pareille sécheresse.
    On a un temps désespérément méditerranéen, le jardin est rasséqui, incroyable printemps…Nous espérons un orage, tout en redoutant qu’il soit dévastateur.
    Ah ces jardiniers, jamais contents.

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