Samedi 4 Juin 2011: never forget (Klembów > Kosevow)

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(Dans les oreilles: Les Wampas, « Toutafonlive ». Didier Wampas est le roi!)

Journée lourde d’histoire: je me suis arrêté sur le site de l’ancien camp nazi de Treblinka.

Encore réveillé à une heure indécente par le lever du jour. Remarque, vaut mieux que je m’y fasse, quand j’aurai à peine quelques heures de nuit en Scandinavie, faudra bien que j’arrête de me plaindre.

En quittant l’endroit où j’ai passé la nuit, ouah, je remarque un truc impressionnant que j’avais pas vu en arrivant hier: un bon gros tertre fourmilier. Ça grouille, c’est rigolo. Ça me fait un peu penser à cet épisode de MacGyver où un pauvre gars se fait manger par des fourmis.

Je suis sur la route avant 9h. J’ai droit à quelques kilomètres sympathiques sur des routes secondaires avant de rejoindre la grosse route 50. Je dois l’emprunter entre Zawiszyn et Brok, environ 29 km. C’est un passage obligé pour aller vers le nord sans détour majeur ou non-asphalté.

Je bourre sur cette route peu sympathique. Il y a du trafic, beaucoup de camions qui profitent (je pense) de leurs dernières heures de circulation légale avant la fin de semaine.

Évidemment, il n’y a pas d’accotement, faut pas rêver. Mais beaucoup de conducteurs sont respectueux et font un bel écart. Je roule à 30 km/h environ, un peu comme un tracteur, c’est pas comme si j’étais immobile.

Il y a plein de plaques baltes! LT, LV, EST. Quelques tchèques, hongroises et biélorusses aussi. On est sur le bon chemin!

À l’entrée de je ne sais plus quel bled, je suis doublé par un camion LV, qui passe un peu proche. Je le klaxonne et fais signe de me laisser de l’espace. Je sais pas si ça a provoqué l’abruti qui était derrière ou pas…

Mise au point: pour me faire respecter, je roule à gauche de la trace de pneu de droite. Disons à 1 m du bord droit de la route. Comme ça, quand je vois qu’un chauffard va me dépasser d’un peu près, je peux me rabattre.

C’est dans cette configuration que j’ai fait le signe précédent. Bref, juste après que le gros-cul LV m’ait dépassé et que je lui aie fait signe de faire gaffe, gros coup de klaxon derrière moi, genre « tasse toi, criss de cycliste ».

Je klaxonne en réponse, bouge pas d’un pouce et fais signe au gros cul de faire un bel écart. Mise au point 2: on arrive dans un bled.

L’enfoiré entame son dépassement, en me passant razibus, et en se rabattant sur moi, style queue de poisson. Si bien que plutôt que de taper de la main gauche le véhicule, comme je le fais dans ces cas-là, je m’accroche au guidon et me rabats le plus possible, sans pour autant finir au tas: l’enfoiré a raté son coup, ahahah!

Je vide mon klaxon en lui gueulant dessus, hors de moi. Je suis calme et pacifique, je m’énerve jamais, mais quand même, y’a des limites à l’irrespect, l’imprudence et l’irresponsabilité. Nous voilà 100 m et quelques vociférations plus loin, arrêtés dans la file provoquée par le rond-point à l’entrée du bled. Le gros con est vraiment bien avancé.

Je remonte la file, et le double donc, en lui gueulant dessus en anglais pour qu’il comprenne. Première fois que je fais ça, c’est dire. Tout pacifique que je suis, je l’aurais bien fait « sortir ça tête » de son camion, comme disent les Ékorchés. Fucking con de routier estonien de merde!

Pfiouuu désolé, fallait que ça sorte. Je sais plus si c’est son immatriculation ou celle du camion d’avant, mais y’en avait une qui était « CB 888 ». Spéciale dédicace: soeurette, si ça avait été toi qui conduisait le camion, j’aurais certainement pas eu de raison de m’énerver! :)

À part ça, fait marquant: la totalité des gros culs immatriculés en Lettonie ont fait un super écart en me dépassant, genre en mettant presque leurs roues gauches dans le bas-côté. Lettonie, d’avance, je t’aime.

Ah, voilà la route de Treblinka. Le fait de voir le nom écrit sur le panneau me donne la chair de poule…en tous cas, ça fait du bien de quitter la grosse route 50. C’est joli ici, du bocage, des cigognes sur les poteaux électriques.

Quelques kilomètres plus loin, j’arrive sur le site de l’ancien camp. Tiens, des Français sont là, je l’ai reconnu à l’accent du mec parlant franglais. Eux sont venus de Nantes en avion, et se sont faits les sites historiques du genre, de Auchwitz au guetto de Varsovie. Ambiance, ambiance.

Je paye les quatre zlotychs de l’entrée et me nourris avant de me lancer à la découverte de ce lieu hors du commun.

C’est assez,flippant de rouler sur la « Black Road », route reliant les camps Treblinka I et II, et le lieu d’exécution. Elle a été construite par des déportés. Les enfoirés de nazis ont utilisé des pierres tombales juives pour ses fondations…

Savoir que des centaines de milliers de gens se sont fait assassiner ici fait froid dans le dos. C’est difficile à imaginer: la forêt est bien verte, le ciel bien bleu. Seuls les monuments symboliques, et l’ancienne carrière de gravier, sont là pour nous rappeler l’horreur.

Je passe quelques temps là, à penser à tout ça, avant d’aller voir l’expo dans le musée local. Tout est en polonais, mais certaines photos, et les maquettes, sont saisissantes. Bref, ambiance Slayer – Angel of Death, Lofofora – Amnes History, et autres classiques.

Bizarrement, je crois que le Struthof, en Alsace, m’a plus marqué. Voir les barbelés et les miradors, ça fait peur pour de vrai. Ici, ça fait peur, mais sans que rien de vraiment concret ne nous le fasse voir.

Je reprends la route, culturellement enrichi, et roule vers le nord sur la route 627, jusque Ostrow Mazowiecka. Là, je ravitaille en à peu près tout, histoire d’affronter sereinement le dimanche. Je prends un jus d’orange dans une pizzeria qui revendique le wi-fi gratuit, mais ma tablette refuse de se connecter. Pas d’update de blog aujourd’hui, désolé!

Je continue ensuite sur la 677, et m’arrête dans une pâture tondue, à l’ombre entre deux bouquets d’arbres, pour passer la nuit.

Aujourd’hui, 114.6 km à 24.2 de moyenne, soit 4h44 en selle.

Allez, ce soir c’est grand soir, j’ai acheté des ramen.

Bonne soirée en pâture.

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9 commentaires pour Samedi 4 Juin 2011: never forget (Klembów > Kosevow)

  1. GOUJON dit :

    Eh rémy, bonne continuation…je pars dans les abimes Cannoises « me former » la tête… J’aurai une méga giga extra pause en rentrant cool :-) Bisous ou becko :-) La bise aux cigognes…

  2. Justine dit :

    Ça me fait penser à ce que j’ai vu hier, sur Côte Sainte Catherine direction Côte des Neiges, j’ai observé une grosse conne en arrière de moi dépasser un vélo, bon jusque là rien d’étonnant, puis quand elle a dû s’arrêter au feu rouge je l’ai vu faire exprès de se mettre bien à droite pour pas que le vélo puisse passer et après ça, elle checkait dans son rétro pour voir comment il allait faire…Non mais ya des gens qui doivent vraiment s’ennuyer dans la vie pour faire ça…Je ne sais pas qu’est-ce qui ne fonctionne pas chez eux…M’enfin j’aurais été le vélo, je lui aurais sûrement accroché le rétro en prenant mon cul trop large comme excuse…hinhinhin
    Fack t’as bien raison de t’énerver, mais on ne changera pas tous les cons de ce monde en une journée…T’as pas pensé à un mécanisme pour leur crever les pneus…Pshiiiitt ni vu ni connu…

  3. Cath dit :

    Ce n’est quand même pas moi qui t’ai emmené au struthof ? (cf mon com d’hier)

    Superbe cette cigogne !

    Si je peux me permettre un autre commentaire : laisse tomber les affreux qui jouent au con sur la route, parce que tu risques un jour de rencontrer un excité susceptible, qui pourrait te faire du mal et partir sans demander son reste… et là que ferais-tu, pot de terre contre pot de fer ? ouille . Enfin conseil de Mam qui tient à récupérer son fils intact !

    • zboud dit :

      Mais non, j’y suis passé en Novembre. Ouai, j’ai pensé à ce truc, mais leur gueuler dessus peut aussi leur suggérer de ne pas recommencer avec le prochain cycliste…non?

  4. Je vois que toi aussi tu as du combattre les camions tarés des routes polonaises hé hé

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