Vendredi 3 Juin 2011: Waszawa! (Kaski > Klembów)

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(Dans les oreilles: The Offspring, « Americana ». Mon premier cédé gravé, que d’émotion!)

Ouah, grosse ville, grosse journée.

D’abord, un oubli: hier, j’ai vu des plaques lithuanienne, biélorusse, russe. Je commence à me sentir un peu loin. Et aussi…deux plaques françaises! À un moment, je me fais doubler par deux camionnettes. Le logo m’était familier…il s’agissait du « Petit Forestier », la compagnie de location de véhicules frigorifiques. J’ai agité mon V de ma main droite de con-patriote, mais ça n’a pas fonctionné. (Cf. article « aux pieds de l’Etna », ou truc du genre.)

Cette nuit, je suis réveillé à 3h44 par le lever du soleil. On n’a pas idée d’être aussi à l’est d’un fuseau horaire! Grâce au cache-yeux Air France, je peux dormir encore un peu, et finalement c’est vers 8h que je prends la route. Warszawa, me voilà!

Comme d’habitude, plus on approche de la grosse ville et plus le trafic se fait intense. C’est d’autant plus vrai qu’il s’agit d’une bien grosse ville…mais à vrai dire, pas si grosse que ça. Faudrait comparer proprement, mais par exemple, Naples et Rome m’ont semblé plus vastes.

L’entrée dans l’agglomération est assez progressive aussi, l’urbanisation se densifiant au fur et à mesure des kilomètres. Bien motivé par l’idée de passer du temps dans cette fameuse capitale qui m’est complètement inconnue, j’appuie bien sur les pédales, et c’est vers 10h30 que j’arrive à quelques encablures du centre-ville. Il fait un temps radieux, mais pas suffocant de chaleur, c’est agréable.
Allez, baladons-nous! Je déambule entre les tours et les monuments divers, sur les énormes boulevards (2×3 voies, tramway, larges trottoirs) ou dans les petites rues. C’est une jolie ville, surtout par ce soleil…sauf les boulevards en question, autant de saignées dans une urbanisation sinon à taille humaine.

D’ailleurs, certaines intersections entre les gros boulevards, qui pour la plupart ont des voies cyclables sur les trottoirs, sont cyclistement on ne peut plus merdiques. En fait, il y a des passages souterrains entre les différents trottoirs. Super…sauf quand il n’y a pas de rampes à vélos dans les escaliers, et que les ascenseurs ne fonctionnent pas. Allez, Tornado, va falloir que je te porte!

Je me connecte à un réseau ouvert trouvé au pif dans la rue. Pas de réponse positive pour un éventuel hôte varsovien ce soir. « Bon tant pis », comme dirait le flic coluchien.

Tout en déambulant, je cherche un endroit où faire la lessive…damn, y’a pas une buanderie dans la ville, c’est pas gagné. Allez Tornado, perds pas espoir, et garde l’oeil ouvert. Bon OK, de toutes façons toi tu t’en fous, t’as pas d’affaires à laver…

Ouah, une pause-pipi s’impose. Je trouve un petit parc un peu isolé…quelques fenêtres au-dessus, mais bon, ce serait bien le diable qu’on me fasse des misères pour un petit pipi dans les fleurs. Alors que l’affaire est en cours, une ménagère ouvre sa fenêtre et se met à crier en polonais. Et merde… »nié mouvié po polski! », m’écrie-je, sachant pertinemment que cela n’apaisera pas son courroux.

Heureusement, elle était loin, je n’étais pas à portée de seau d’eau ou de pire fluide. Par contre, un carreau d’arbalète pourrait m’atteindre. Je finis rapidement la vidange, et pars sans lui demander comment on dit « tu vas quand même pas faire chier pour un petit pipi sur des fleurs publiques, quand même? ». Je quitte la zone au plus vite, n’ayant pas envie de finir au poste de police le plus proche pour urination florale.

Après avoir ravitaillé dans une petite épicerie, je mange dans un parc. Sympa l’endroit, sauf qu’il y a des nuées de moucherons insupportables. Heureusement ils piquent pas…une fois le ventre plein, je fuis les sales volatiles. J’aime bien les oiseaux, les abeilles, guêpes, et d’autres, mais le reste qui vole et qui est insupportable, ça doit mourir…lol.

Je fais ensuite un petit passage à l’office de tourisme, pour savoir où laver mes fringues, et où trouver des cartes postales. Google me donne la réponse à la première question: il y a UNE buanderie libre-service à Warszawa. C’est fou, comment ils font les gens qu’ont pas de machine à laver?! Pour les cartes, la fille de l’accueil me dit d’aller dans Stare Miasto, la vieille ville fortifiée.

Je cherche aussi l’adresse d’une auberge pour ce soir, au cas où. J’y vais ensuite, espérant pouvoir y faire la lessive et me laver aussi, tant qu’à faire. Marrant, l’auberge est au troisième étage d’un immeuble, au-dessus d’une banque et d’un cabinet d’ingénierie. Au début, j’avais pas trouvé…

Je rentre Tornado dans le bâtiment, aidé par le garde de la banque. La fille de l’accueil m’a dit que la lessive, ça prenait quatre heures, et que je pouvais prendre une douche si je voulais. Vraiment super sympa, si vous allez à Varsovie et avez des sous, allez au Oki Doki Hostel! (Et puis elle avait des dread, jamais rencontré quelqu’un qui avait des dread et n’était pas cool.)

Vu que j’ai pas d’hôte pour ce soir, que je ne pourrais pas laisser Tornado dans un endroit vraiment sûr la nuit, et que j’ai pas envie de dépenser 62 zt pour dormir à l’auberge, je me résigne à quitter la ville aujourd’hui. Je sais, c’est con, et tout. Whatever, je reviendrai faire le touriste quand je serai à la retraite et/ou que mes genoux seront usés. Je prends donc une douche à l’auberge, remercie bien, jase vite fait, et file faire ma lessive à LA buanderie. Pfff, c’était sur mon chemin en entrant dans la ville, si j’avais su!

Damn, pas de lessive…heureusement, y’a Carrefour juste à côté, et de la lessive à 4 zt. Je raque les 15 + 10 zt nécessaires au lavage + séchage. Toutes mes fringues sont dans la machine, je me suis changé vite fait dans un coin en montrant mon cul aux caméras de surveillance.

Me voilà, ne portant que mon pantalon imperméable, et même pas de chaussettes, à glander sur le net (ouai, open wi-fi dans la buanderie) en attendant que la crasse daigne quitter mes habits. Et je tapote aussi sur mes sacoches: j’ai emmené une paire de baguettes…mais je m’en sers pas souvent.

Ça y est, c’est propre, et à peu près sec! Pfiouu, il est 16h30…la visite du reste de la ville va être rapide. Je file vers la vieille ville fortifiée, que j’ai toujours pas vue. Ça fait bizarre de sentir la lessive! Allez, une petite couche de sueur pour que tout redevienne normal: je sprinte entre les feux sur les grands boulevards.

Me trompant de chemin, je rattrape le coup en prenant une sorte de petit funiculaire souterrain pour monter dans le centre historique (pas pris de photo, je regrette). Petit tour sur les vieux pavés. C’est bien sympathique comme endroit, un peu plein de touristes, mais bon, normal quoi.

Allez, hop, il est presque 18h, faut se tirer d’ici et trouver un coin peinard, à l’extérieur de l’agglomération, pour camper. Je fais la course avec les bus sur les trois-voies limitées à 60 pour sortir de la ville. Même processus que ce matin avec le trafic, mais à l’envers. À cette heure, bien des routes sont pleines de véhicules pare-chocs contre pare-chocs. Je remonte tranquillement les files…

Pédale, pédale, en cette fin d’après-midi, je suis un peu fatigué et ai hâte de me poser quelque part. Après un habituel ravitaillement en eau, c’est vers 19h30 que je m’installe dans une petite forêt. C’est pas si peinard que ça, des chiens aboient pas si loin, la route est relativement proche, y’a un milliard de moustiques. Mais je suis propre, ma doublure de duvet sent la lessive, à l’heure où je vous écris (21h57), j’ai le ventre calé par du riz au thon et Hubba me protège des vampires. Il ne manque que vous…

Aujourd’hui, 2h47 de selle à 24.6 de moyenne, soit 68.6 km en dehors de Varsovie. Plus 3h de balade à 13.7, soit 41.2 km de balade en ville.

J’hésite à passer par Treblinka, ça me fait frissonner rien que d’y penser…vous iriez, vous?

Bonne nuit forestière.

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3 commentaires pour Vendredi 3 Juin 2011: Waszawa! (Kaski > Klembów)

  1. Cath dit :

    Quand j’avais environ 10 ans, nos parents nous ont emmené visiter le camp du Struthof, j’ai trouvé ça horrible. On a beau savoir que ça a existé, que c’était loin d’être un « détail » de l’Histoire, quand on y va, on est pris aux tripes, ça horripile au sens propre du terme.
    Donc je ne suis pas sûre que ce soit si bien de visiter ça, encore moins d’y emmener les enfants. A mon avis on peut faire oeuvre de mémoire autrement, (en lisant ou en écoutant des témoignages, par exemple )

    • zboud dit :

      Pas d’ac. T’es traumatisée, right? C’est le but, pour pas oublier…

    • zboud dit :

      C’est sûr, traumatiser les gamins à 10 ans, c’est pas forcément le mieux. Mais pour moi la visite est un bon moyen de ne pas oublier. Et l’horreur est la même…

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