Jeudi 16 Juin 2011: Suomi, me voilà! (Riguldi > Helsinki)

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(Dans les oreilles: du brouhaha de bateau.)

Une dernière journée dans les pays baltes: je vous écris depuis le bateau qui m’emmène de Tallinn à Helsinki. Aujourd’hui, 100 km en 4h08, soit 24.2 de moyenne. Plus des poussières de balade urbaine.

Il a pas mal plu cette nuit. C’est cool: c’est ça de moins que je prendrai sur la route en roulant. Je préfère stresser, et dormir moins tranquille en imaginant une éventuelle inondation de la tente, que me faire pleuvoir dessus et devoir me taper du pédalage avec les imperméables toute la journée!

Grosse grisaille au réveil, donc. Fraîcheur aussi: pour la première fois depuis Montbrehain, je prends la route avec une couche supplémentaire, en la « personne » de mon maillot MEC manches longues.

Je sais qu’il me reste environ une centaine de kilomètres à rouler avant d’atteindre la capitale estonienne. J’ai donc le choix entre:
-bien rouler, profiter de la ville quelques heures, et prendre le bateau, ou
-rouler, passer vite fait en ville, camper dans un coin et profiter le lendemain, avant de voguer vers Helsinki.

Cent kilomètres, aidé un peu par le vent, sur des routes décentes, c’est à peine quatre heures…ce sera donc la première solution!

Je vous en ai pas parlé alors que j’en vois depuis la Lituanie, si ce n’est la Pologne…mais je vois souvent sur le bord de la route de vieux gros bâtiments abandonnés. En fait, il s’agit de constructions datant de l’ère soviétique, qui ont été laissées telles quelles lors de la chute de l’URSS. C’est assez déconcertant, quand on voit la taille des bâtisses.

Autre truc impressionnant, que j’avais déjà vu en pire au Nouveau-Brunswick: les patches de déforestation dégueulasses. Par endroits, la forêt a été complètement massacrée, tout est coupé, arraché. Seules les branches trop fines sont laissées sur place. Les souches sont laissées telles quelles, rien n’est replanté. Un carnage, quoi. Je me demande comment est la conscience des coupables.

Encore un instant « les oiseaux sont cool »: alors que je pédale tranquillement dans la plaine, j’entends derrière moi des « piou, piou! » réguliers et stridents, comme une alarme de réveil. Je me retourne…deux oiseaux non-identifiés (comme d’hab) survolent un gros chien qui court dans le pré, silencieusement…avant de se mettre à me gueuler dessus en étant un peu plus près.

J’ai franchement eu l’impression que les braves petits volatiles voulaient me prévenir, genre « piou, appiou sur les pioudales, piou, ce piou de chien veut te pioursuivre! ». N’empêche, ils m’ont permis de lancer le sprint pour larguer le molosse un peu plus vite. Merci, les oiseaux.

À l’approche de Tallinn, le soleil sort de sa couette de nuages…ah, ça fait plaisir de se faire chauffer le dos!

Un peu comme à Vilnius, je déboule dans la grosse ville, sur les larges routes. Je sais pas, il y a quelque chose de tellement jouissif à rouler aussi vite que les motoristes, remonter les files d’autos, accélérer le plus possible au feu vert…le tout à la force des jambes et sur un vélo-poids-lourd.

Je file vers le port, pour réserver mon billet sur le bateau qui part à 17h30. Ça me laisse environ trois heures de balade dans la ville. Certainement insuffisant, mais quand même pas si pire.

En me dirigeant vers le centre, je suis salué par un couple…encore des cyclotouristes allemands! Jasette en anglallemand. Eux sont partis de chez eux, au coin nord-est de l’Allemagne, le 28 Mai, et vont jusqu’à Saint-Petersbourg. Ils ont des petits problèmes mécaniques, et restent donc un peu à Tallinn. Bonne route, chers collègues!

Je déambule dans la vieille ville, sur les gros pavés, de ruelle en placette, d’église en tour fortifiée. Ça me semble plutôt sympathique comme bourg, mais y’a une quantité de touristes vraiment phénoménale, on se croirait presque à Paris. Qui dit touriste dit mendiants: un mec me demande deux euros. Je lui dis que deux euros, pour moi c’est presque un repas, que je suis dans un long voyage et que j’ai besoin de mon fric. J’avais presque l’air plus miséreux que lui, il manquait pas d’air, quand même. Généreux, oui, con, non.

Je fais quelques emplettes. 9€50 la carte de la Finlande au cinq cents millièmes: outch. Enfin, j’ai oublié de vous le dire, mais encore plus outch, le prix du bateau…45€! La traversée la plus chère de ma vie, je crois. Même Patra-Brindisi, qui dure quatre fois plus longtemps, était moins chère! Enfin, y’a internet à bord. Mais ça, ça devrait être normal. Ça me rappelle un T-shirt de geek: « wi-fi partout, rejoignez le mouvement ».

Vers 16h30, je me présente à l’embarquement, et quelques minutes plus tard, me voilà dans le ventre du gros bateau. Avec les motos, j’embarque en premier. Des Suisses voyagent en moto, sur des bécanes chargées comme jamais, on n’a pas idée, franchement. Le truc doit peser 400 kg! Y’en a même une dont la béquille latérale est pliée. Je me demande ce qu’il dirait de ça, le mec d’Intersport Ajaccio.

D’ailleurs, putain que je la regrette ma béquille. Pour pisser, c’est chiant, le soir, c’est chiant, pour réparer, c’est chiant, bref, à chaque fois que je descends du vélo, c’est la misère. Et encore, j’ai pas encore eu à dévoiler la roue arrière…

La vue sur Tallinn depuis le bateau est plutôt agréable. Elle l’était encore plus quelques instants après que le bateau ait quitté le port, mais j’ai eu la flemme de sortir pour photographier le tout.

En ce moment, encore une grosse heure de traversée, et je serai en Finlande. P.S., ami d’une de mes tantes, habite à Helsinki et m’accueille ce soir. Ça va faire du bien, une douche! Allez, je vous raconte le débarquement plus tard.

NB: Me voilà bien installé, merci P. de ton accueil!

En fait, alors que je pensais que j’avais encore un bon moment pour manger sur le bateau, je réalise qu’on débarque dans 10 minutes…vite vite, je ramasse mon bazar, file faire quelques photos et m’en vais retrouver Tornado, juste à temps pour le rush du débarquement.

Comme d’habitude, je suis bien content de remonter sur le vélo après la traversée. Il y a de la bonne adrénaline, semblable à celle de « vélo lourd mais rapide dans le trafic », à appuyer fort sur les pédales devant les hordes de camions et autos vomies par le traversier.

J’arrive rapidement chez mon hôte. L’endroit est vraiment cool, avec une super cour intérieure. Et mon hôte aussi est super. Il est jongleur, clown, menuisier, a cousu lui-même le tapis de sa piaule. Il vit à Helsinki depuis presque 21 ans! Merci encore de ton accueil, P.!

Douche, soupe dehors, et me voilà en train d’achever cet article.

Bonne nuit finlandaise!

(Putain, je suis en Finlande, quoi.)

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6 commentaires pour Jeudi 16 Juin 2011: Suomi, me voilà! (Riguldi > Helsinki)

  1. Justine dit :

    Bon va falloir faire qque chose là, j’aimerai bien savoir ce que sont ces oiseaux non identifiés. Non mais instruis toi quoi héhé !

  2. fa dit :

    Quand tu parles de forêt arrachée et massacrée, ça me fait penser à ce que j’ai vu sur googmap en étudiant ton itinéraire… Des « champs » dessinés à angles droits striés de larges bandes, un peu comme des plantations de patates mais à une autre échelle, le tout d’une couleur ocre qui contraste avec la verdure environnante… Mais bref ça n’a sans doute rien à voir…. Bonne suite de Scandinavie !

  3. Targuet dit :

    You did it man !

  4. Cath dit :

    cool ces oiseaux salvateurs !
    Et c’est joli cette grosse bâtisse ronde, c’est un fort ?
    Au fait Rem, je trouve un peu trop de jurons, tu pourrais les dire en langue locale,
    ça s’rait plus doux ! je t’imagine parfaitement demander à un autochtone comment se dit P…, M…, fait ch… !!

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