Lundi 27 Juin 2011: du ciel bleu! (Jävre > Killingsand)

image

image

image

image

image

image

image

image

image

image

image

(Dans les oreilles: Vulgaires Machins, « Presque Sold Out ». Super album live, avec tous les tubes. Légaliser l’héroïne! Tududuu)

Une bien belle journée…sans grisaille, sans humidité, mais avec du ciel bleu! Je n’y croyais plus. 141.9 km en 5h33, soit 25.5 de moyenne. Je sais franchement pas comment je roule à cette allure, surtout vues mes moyennes d’avant (cf. la page « Stats »). Enfin, c’est presque plat, faut dire. (608 m de dénivelé, aujourd’hui, et c’est le plus gros depuis l’Allemagne, ou pas loin.)

Je me réveille assez tôt. L’armée de l’air semble en pleine débâcle, je peux déjeûner posé sur un petit rocher en admirant le paysage. Je rencontre le mec qui m’a dit que je pouvais camper là hier. Jasette rapide, au cours de laquelle il arrive quand même à me dire que les Français sont pourris en anglais…merci, lol.

Comme il fait beau et que les moustiques sont rares, j’en profite pour changer les patins de frein de Tornado. À l’arrière, ça devenait particulièrement critique, moins d’un millimètre entre la jante et le support du patin. En fait, les sales vampires finissent par m’attaquer, une fois que je suis en T-shirt parce que le soleil tapait un peu trop pour ma grosse polaire. Ça, plus la foutue béquille qui est pas stable, je suis assez exaspéré et ai bien hâte de prendre la route.

C’est chose faite vers 8h30. Ah, quel plaisir, du soleil, du ciel bleu, de la belle asphalte. Pas trop de trafic. Très peu de vent. Y’a plus qu’à appuyer sur les pédales, et ce sera le bonheur!

Je suis à environ une cinquantaine de kilomètres de Skellefteå…allez, on roule, ça laissera plus de temps pour régler les affaires à régler là-bas. Pis de toutes façons, c’est toujours pareil, cette route.

Quelques cassures de la monotonie, toutefois. D’abord, alors que la route est en deux fois deux voies, il y a de la construction sur une des deux bandes d’asphalte…alors on passe en circulation à double sens sur l’autre côté de la route. Limitation à 70, pas d’accotement, plots au milieu de la chaussée…bref, je cravache pour pas créer de gros bouchon.

Certains me dépassent proprement, en passant dans la voie en sens inverse, en slalomant entre les plots. Eux ont droit à un bon pouce levé bien haut. Par contre, les abrutis qui me frôlent, sans réfléchir aux conséquences potentielles de leur acte, ont droit à une leçon de français. En particulier, un connard avec une remorque super-large, qui m’a doublé super-lentement, alors que je lui avais fait signe de passer de l’autre côté des plots. L’abruti devait pas être capable de slalomer avec sa fucking remorque. Bref. Ah, je me suis aussi fait klaxonner trois fois par un bus, alors que je sprintais à 40 km/h pour le ralentir le moins possible.

En gros, super-stressant ce passage. Et super-physique, rester à 40 sur je ne sais quelle distance. Pour la première fois depuis le tunnel de la mort en Suisse, j’ai les poumons qui brûlent, un goût de sang dans la bouche, le genou gauche qui râle et le coeur qui tape bien fort. Tiens, d’ailleurs, j’ai mesuré ma fréquence cardiaque au repos: 49 battements par minute. Pas pire, la dernière fois j’étais à 51.

Deuxième bris de monotonie, une quasi near-death experience…alors que mon sens de circulation est à deux voies, en haut d’une côte, je jette un coup d’oeil dans mon rétro. Ouhla…deux gros culs, un par voie, qui déboulent à quelques dizaines de mètres derrière moi. Réflexe, je me tasse dans les trente centimètres de bitume qui servent d’accotement. Le camion me passe razibus…pas sûr qu’il m’avait vu. Content d’être en vie! :)

J’arrive à Skellefteå à peu vers 10h30. Sympa comme bourg, le centre semble bien actif. Je me connecte un hotspot gratuit « The Cloud », je connaissais pas ce truc. Je retire du fric…1000 SEK = 110 EUR. Je rachète un câble pour mon Archos, deuxième depuis le début du voyage, après celui acheté en Pologne. J’espère que celui-ci durera plus longtemps.

Petit tour en ville…aucune épicerie n’a de poubelle visible. Ils doivent tout dissoudre dans de l’acide, probablement. Comme dans Nikita. Bref, ravitaillement à 200 et des couronnes, soit genre 25 euros. Ici aussi, tout est cher. Je me pose au bord de l’eau pour me nourrir…je suis bien mieux là, en mode « bain de soleil », qu’hier en mode « survivre au déluge ».

Je suis ensuite une route secondaire pour rejoindre la grosse E4. Je passe à travers des bleds peu denses, pleins de petites maisons qui ont leur jardin les pieds dans l’eau, rivière ou mer. Plutôt cool, comme cadre.

Ah tiens, une grosse route désaffectée va dans la bonne direction! Cool, à moi tout seul, la large bande asphaltée. Ouai, mais c’est une impasse…au bout: la grosse route que je veux prendre, mais derrière une barrière à rennes. Je me sens donc tel un majestueux Bambi-un-peu-plus-vieux-et-plus-renne. Heureusement, il y a une « zone de traversée de rennes » quelques centaines de mètres plus loin. Je ne galèrerai donc pas trop trop longtemps à pousser mon vélo sur les traces de gibier.

Un panneau dit « Umea 118 km ». Je pense alors que ce serait cool d’y être demain midi. Pour ça, ce serait bien de camper à environ 60 km de là. Allez Tornado, on est partis pour encore 58 bornes!

Les conditions sont bonnes, à part la petite brise qui me souffle dans le nez depuis que j’ai repris la route ce midi. Je suis pas mal motivé, hop, je cravache, en mode « pas de 2 au chiffre des dizaines qui tienne ». Les faux-plats à 3% ont raison de ma bonne volonté, et le 2 se change en 1.

******, je parle trop de vélo, de vitesse, tout ça.

Je traverse encore de la grosse forêt. C’est assez impressionnant, en haut des collines, de voir cette mer verte s’étendre jusqu’à on-ne-sait-où. Souvent, autour des villages, la déforestation a fait son oeuvre, et des prés remplacent les arbres. Mais pour nourrir quel bétail? Je ne vois que rarement des bêtes, à peine quelques chevaux de temps en temps, ça compte pas vraiment.

Les traversées de rivières/lacs sont toujours jolies. Manque de pot, sur ces ponts minables, c’est jamais assez large pour s’arrêter ou prendre une photo en roulant. Enfin, faudrait que je tente, quand même, ce serait cool.

Je fais quelques stops dans les plus gros bleds sur la route (en fait, ceux qui ont des stations service) pour remplir mes gourdes, ou faire le plein de mon outre, quand je sais que je vais bientôt camper. Je fais aussi le tour de la station pour les poubelles, et sors constamment bredouille. (Ici, ils vendent un tas de trucs dans certaines stations, il y a donc un certain potentiel.)

Sur les derniers de mes 58 km, je misère un peu. Je suis fatigué, je crois. Allez, ça y est, le compteur a dépassé les 138, je prends la première route qui descend vers la mer. Cool, elle est bordée de belles éoliennes Enercon…et elle aboutit à une super petite plage. Il y a du sable partout, mais je me trouve un endroit pour planter Hubba quand même. Me voilà bien installé, avec une vue plutôt pas pire.

Demain, Umea, puis cap sur Trondheim…into the wild!

Bonne soirée ensoleillée!

Publicités
Cet article, publié dans Français, est tagué , , , , , , , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

2 commentaires pour Lundi 27 Juin 2011: du ciel bleu! (Jävre > Killingsand)

  1. bouderlique dit :

    La monnaie unique, ça a quand même du positif pour ceux qui voyagent!

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s