Dimanche 17 Juillet 2011: le jour le plus pluvieux de ma vie (Eiken > Åmli)

(Dans les oreilles: Les Ékorchés, album éponyme. « Je r’garde dehors, y mouille encore, la vie m’ékœure! »)

Tout est dans le titre. À l’heure qu’il est, la pluie a enfin cessé. Mais il a plu sans discontinuer de hier soir à il y a quelques minutes. Et quand je dis sans discontinuer, c’est vraiment sans discontinuer, genre pas une milliseconde ne s’est écoulée sans qu’une goutte d’eau ne s’écrase à moins d’un mètre de moi, ou sur moi, bien sûr.

Je pense que, de toute ma vie, c’est vraiment le jour où j’ai vu le plus de pluie, de flotte, d’eau. Le jour le plus mouillé, le moins sec, le jour où « humide » veut dire « sec », où « mouillé » est synonyme de « ni sec ni mouillé », et où « trempé » signifie « un peu mouillé ». Tout mon référentiel d’humidité a été déplacé.

Par exemple, aujourd’hui je considère ma veste « imperméable » mouillée seulement quand les poches, pourtant fermées, sont pleines d’eau, et qu’il faut s’arrêter pour les vider.

Donc, mes imperméables sont en fait indignes de ce nom, des gants au pantalon. Seuls les couvre-chaussures font bien leur boulot. Enfin, rêvez pas hein, j’ai quand même eu les pieds mouillés, et comme mes mains, ils sont ce soir tout fripés.

Quant à mon sac « étanche », les affaires qu’il contient (tout pour dormir et se vêtir) ne sont qu’humides.

Même ma sacoche de guidon et son capuchon, qui jusqu’à présent avait bien fonctionné, s’est retrouvée mouillée. Un jour je me payerai des Ortlieb, ces super sacoches étanches. Super mais petites, pas terrible pour récupérer des tas de bouffe.

Et puis je demande quand même à voir ce que ça donne, 6h34 de pluie drue sur des Ortlieb. Et si tu les ouvres (ah, il repleut!), et qu’il pleut dedans? C’est étanche dans les deux sens…bref.

D’habitude, un jour de pluie, c’est un jour où il pleut deux heures, puis ça se calme un peu, puis il repleut, puis un peu de soleil…truc du genre, quoi. Mais là, non. Là, c’était grosse pluie, dense et lourde, sans aucun répit, toute la journée. Du réveil, au premier coup de pédale, à la pause bouffe, au reste. De la flotte, tout le temps.

Bon, j’arrête, vous avez probablement compris. C’était donc pas la plus belle journée de voyage. Pris aucune photo, sauf une fois dans la grange que j’ai trouvée pour tenter de faire sécher mes affaires d’ici demain, et passer une nuit au sec.

Pourtant, il y avait matière à de jolis clichés, entre les cols, les lacs, les barrages. Au passage, 1227 m de dénivelé avalés aujourd’hui.

J’ai quand même à peu près atteint mon objectif: 118.1 km en 6h34, soit 17.9 de moyenne. Je suis maintenant à 257 km de mon hôte d’Oslo, selon mon GPS. Oui, je me suis traîné aujourd’hui. Très peu de motivation sous les vêtements de pluie complètement rincés, laissant peu à peu l’eau atteindre cuissard et maillots.

(Une heure que j’ai enlevés mes gants, j’ai toujours les mains frippées. Et je sais pas si vous le sentez en lisant, mais j’ai un peu du mal à taper.)

Que dire d’autre sur cette journée? J’ai trouvé des bons muffins. Un camping-car hollandais m’a klaxonné dans une montée. J’ai greloté en mangeant, ce qui n’était pas arrivé depuis le 9 Février. J’ai croisé un cyclotouriste en fin de journée, mais on s’est pas arrêtés, connaissant la valeur de l’échauffement dans pareilles conditions. Les torrents et cascades grondaient encore plus que d’habitude, et débordaient.

Passée la petite ville d’Åmli, peu de civilisation de part et d’autre de la route…si je veux me trouver une ruine, une grange ou autre, il faut ouvrir l’oeil. Je m’arrête finalement à une sorte de ferme abandonnée. La maison est fermée, bien que vide…et la grange, pas trop croulante et bien sèche, est accessible. C’est poussiéreux, et probablement plein de vieilles crottes de bique toutes sèches par terre, mais ça ira: c’est SEC.

À propos de biques, aujourd’hui j’ai plaint pas mal de moutons, chèvres et autres bestiaux. Les pauvres, la laine toute rincée par cette pluie battante…

Demain, a priori pas de pluie le matin, seulement l’après-midi. Les imperméables auront-ils séché à temps? Rien n’est moins sûr.

Allez, ce soir, riz au thon.

Bonne soirée au sec!

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6 commentaires pour Dimanche 17 Juillet 2011: le jour le plus pluvieux de ma vie (Eiken > Åmli)

  1. bouderlique dit :

    C’est le noooord! Faut de l’eau mais manque de chance ça tombe aussi sur ceux qui sont dehors. (13° dans le Finistére…)Désolé pour toi. Le soleil va revenir. Bonne suite vers Oslo.

  2. pap dit :

    Je commence à piger pourquoi ils font sécher le foin, brin par brin, sur des fils… Attendre que la pluie cesse une journée dans la tente, tes batteries n’y suffiraient pas et ils faudrait un spot bien drainé… La photo satellite nous montrait une jolie spirale humide dont on a eu qu’un échantillon par rapport à toi! Donc la douche est moins urgente… Si tu n’es pas lavé, tu fus rincé. Un troupeau de cyclos qui brevetait dans les Alpes n’a pu redescendre tellement ça drachait, hop, pinponpinpon, retour par des moyens pétroliers, 400 qu’ils étaient. Vive l’eau, vive le vélo…

  3. Dainius dit :

    Je suis heureux que vous faites afin de voyager. S’il pleut – menton. Mon ami s’est rendu en Norvège à vélo pendant trois semaines et il pleuvait tout le temps … Vu vos photos de la Norvège, beaucoup de soleil!

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